Rechercher
  • bonifacefabrice

En finir avec le surpoids et l'obésité


Le surpoids est un problème endémique des nations occidentales. Il gagne également du terrain dans les pays en voie de développement, en raison de changements importants dans les pratiques alimentaires. Aux USA, où le problème est le plus impressionnant, plus de 65% des adultes sont considérés soit en surpoids, soit en état d'obésité. Dans tous les pays, de plus en plus d'enfants sont obèses: son taux a triplé depuis les années 70.

Les répercussions de cette épidémie sont déjà très importantes. Les taux de certaines maladies comme le diabète de type 2, dit non insulino-dépendant, ont cru de manière explosive. Il est démontré que l'obésité fait croître le risque de diabète de type 2 de 10 à 20 fois ! En fait, les cas de diabète de type 2 ont augmenté de 60% durant les 10 dernières années.

Pourquoi tant de personnes sont-elles en surpoids ? Il existe plusieurs explications à ce phénomène inquiétant. Mais toutes se ramènent à une raison très basique et de bon sens: nous grossissons lorsque nous consommons plus de calories que nous n'en brûlons effectivement.

A cela deux explications: 1) Une hausse des calories ingérées et 2) Une chute de l'activité physique.

Des années 70 à nos jour, la prise de calories par personne a cru de près de 300 kcal par jour.

Manger au restaurant est devenu meilleur marché. Environ 40% des européens mangent en dehors de chez eux de manière totalement routinière. Les vendeurs de nourriture sont partout : dans les aéroports, les théâtres, les rues de villes, etc. Le fast-food, inconnu en France en 1979, s'est développé de manière impressionnante. Parallèlement, le temps pour préparer un repas à la maison a très fortement décru. Les plats préparés et le four à micro-ondes se sont imposés dans tous les milieux sociaux, essentiellement pour des raisons de facilité. Les plats préparés contiennent une grande quantité de calories cachées sous forme de graisses et d'hydrates de carbone. Cela les rend aussi appétissants que dangereux pour la santé. Ce phénomène est amplifié par l'obsession des industriels qui les commercialisent, une obsession qui se résume en une phrase: comment rendre les clients « addict » à leurs produits ?

L'activité physique ne cesse de s'effondrer, et ce n'est pas la pratique anecdotique du sportif du dimanche qui va changer les choses. La réalité des chiffres est implacable : de nombreux français pratiquent moins de 30 minutes d'exercice physique par semaine. D'autres facteurs de la vie moderne font également chuter dramatiquement l'activité physique, surtout chez les jeunes ... Les jeux vidéo, la télévision, la voiture, les ordinateurs, les tablettes, les escalators, les ascenseurs, les portes automatiques, etc...

L'indice de masse corporelle (IMC) est une mesure utilisée pour évaluer le statut de masse corporelle des individus. Les mesures de l'IMC prennent en compte le poids et la taille de l'individu. Il se calcule simplement en divisant la masse en kg par la taille au carré. Un IMC élevé est corrélé à des problèmes de santé spécifiques comme le diabète, l'hypertension, les maladies cardiaques, les accidents vasculaires cérébraux, certains types de cancer... Bien que cet indice soit controversé, il est un fait que l'IMC permet d'évaluer correctement le contenu total de graisses chez la plupart des individus.

L'IMC est une bonne mesure pour la plupart des gens. Il peut se calculer de manière rapide et facile, sans instrument sophistiqué. Néanmoins, il ne prend pas en compte directement la mesure des graisses corporelles. Une personne musclée et fine peut avoir un IMC qui suggère qu'elle est obèse, bien qu'elle ne le soit clairement pas. Une personne plus âgée, qui a perdu un quantité importante de ses muscles, peut avoir un IMC « normal » bien qu'elle soit porteuse d'une quantité importante de graisses.

C'est la raison pour laquelle, de nombreux experts recommandent d'utiliser l'IMC en association avec d'autres tests comme la circonférence abdominale, les tests de la peau, les graisses corporelles mesurées par impédance-métrie, etc....

Style de vie

Quel que soit leur âge, et lorsqu'on les interroge, 50% des françaises et 25% des français souhaitent perdre du poids. Certaines personnes plus ou moins bien intentionnées, et flairant le coup susceptible de les rendre riches du jour au lendemain, se sont jetées, comme des morts de faim, si je puis m'exprimer ainsi, sur le juteux marché des régimes. Plusieurs « recettes miracles » ont été mises sur le devant de la scène pour cela. En fonction des modes, elles sont plus ou moins populaires. Ces régimes se focalisent souvent sur le fait d'augmenter ou de décroître telle ou telle catégorie d'aliments. Au final, la plupart d'entre eux entraînent une chute de la prise calorique globale, ce qui est heureux, car, martelons le, c'est le seul garant prouvé de leur efficacité.

La perte de poids peut survenir quel que soit le type de régime que l'on adopte, à partir du moment où la prise calorique globale est plus faible.

Avant d'entrer dans le vif du sujet, il est important de définir deux notions essentielles relatives à a perte de poids : le rassasiement et la satiété :

  • Le rassasiement signe la chute d'appétit obtenue à l'issue du repas.

  • La satiété est la durée pendant laquelle dure le rassasiement.

Les habitués du « fast-food » soulignent souvent l'impact négatif de ce type de nourriture sur la satiété. A peine le repas terminé qu'il faudrait en recommencer un autre. Une manne pour les industriels !!

Effectuons maintenant un rapide tour d'horizon des régimes qui ont fait ou referons bientôt la une de la presse spécialisée :

Les régimes pauvres en hydrates de carbone

En laissant de côtés les vitamines, minéraux et autres anti-oxydants, les aliments se caractérisent par leur contenu en 3 catégories d'éléments nutritionnels clés tous essentiels pour que le corps puisse accomplir correctement ses fonctions:

  • les protéines, sorte de « colliers » constitués par un enchaînement de « perles », les acides aminés ;

  • les graisses que l'on classe en sous-catégories comme les acides gras saturés, ou poly ou mono insaturés ;

  • les hydrates de carbone, une catégorie, qui, comme son nom l'indique, contient essentiellement des atomes de carbone, d'hydrogène et d'oxygène. Les hydrates de carbone se séparent en :

  • hydrates de carbone « simples » ou monosaccharides

  • hydrates de carbone « complexes » composés par une chaîne de monosaccharides : les polysaccharides.

Un des régimes les plus populaires en ce moment est le régime pauvre en hydrates de carbone. Son origine est américaine, où on le nomme « régime Atkins » « régime South Beach » qui en est une petite variante. Il est mieux connu en France sous le terme de « régime Dukan », du nom du célèbre individu qui s'en est emparé, ou, comme le disait un de mes anciens professeurs de français, l'a honteusement pompé.

Le régime Atkins est un régime riche en graisses et protéines et pauvre en hydrates de carbone. La théorie sur laquelle il se fonde est la suivante : les hydrates de carbone accroissent les niveaux d'insuline et induisent des changement métaboliques qui provoquent la prise de poids. Le contre-pied consiste donc à prendre des quantités virtuellement illimitées de viande, de poisson, d’œufs et de certains fromages. Tous ces aliments sont en effet riches en protéines et graisses et contiennent peu ou pas d'hydrates de carbone. Les bonbons, les en-cas riches en hydrates de carbone sont, bien-sûr, interdits. Le régime interdit également de nombreux fruits, plusieurs légumes, et les céréales (dont certaines céréales complètes), ce qui n'est pas sans poser certains problèmes de carences. Les aliments riches en protéines et en graisses provoquent une sensation de satiété bien que la quantité ingérée soit plus faible. Ainsi, ils sont mathématiquement allégés en calories. De surcroît, le choix des aliments est plus restreint, ce qui modère l'appétit, par manque de choix.

Physiologiquement, durant les 10 premiers jours de ce régime, un état dit de cétose se produit : le corps utilisant moins d'hydrates de carbone, c'est à dire son carburant « noble » pour fabriquer l'énergie dont il a besoin se met à utiliser la graisse et les protéines, des carburants « moins nobles ». Pour prendre une image, c'est comme si une voiture, habituée à être « nourrie » au super, se mettait à brûler du charbon ou du bois. Le corps fabrique alors des composés que l'on nomme corps cétoniques, ce qui provoque l'état de cétose. L'haleine de la personne qui suit ce régime ressemble alors à celle d'un « poney », la perte d'eau s'accroît, ce qui provoque une rapide perte de poids. C'est pourquoi les adeptes se mettent à crier « victoire », du moins au début... Lorsque cette phase est terminée, la perte de poids survient de manière beaucoup plus lente, ce que témoignent toutes les personnes qui ont testé « Dukan » : « je mesurai mon poids avant et après avoir fait une heure de sport. Au début de mon régime, je voyais une grande différence... Petit à petit cette différence s'est estompée... A la fin, je ne perdais plus rien, j'étais totalement découragé » Rien d'étonnant après ce que nous venons de dire !

Le régime Atkins semble induire une perte de poids plus rapide que les régimes traditionnellement recommandés : les régimes faibles en graisses. Mais, passée une année, la perte de poids est comparable à celle que l'on retrouve dans les approches traditionnelles. Plusieurs experts suggèrent que le régime Atkins et les régimes apparentés pourraient être bénéfiques pour la perte de poids au démarrage. Mais il est vital de reprendre l'approche traditionnelle de contrôle du poids si l'on souhaite obtenir des résultats plus durables. Ne nous emballons pas toutefois : nous l'avons vu, la perte de poids, c'est surtout de la perte d'eau ! En outre, l'état de cétose n'est pas sans conséquence sur l'organisme. Bien que cet état puisse s'avérer positif sur certains terrains naturopathiques, il peut être extrêmement délétère pour d'autres, entraînant des complications irréversibles, notamment articulaires.

En plus des problèmes d'haleine que nous avons évoqué, le régime Atkins provoque des maux de tête, des difficultés de respiration et de la constipation. La sécurité à long terme de cette nutrition à haute quantité en protéine et en graisses est en question. La hausse des lipides induite par ce régime n'est pas sans conséquence. Des essais de long terme (sur 1 ou 2 ans) ont montré qu'ils pouvaient accroîter le niveau de lipides. En fait, ils semblent élever les triglycérides et accroître le cholestérol LDL (le « mauvais ») comparé aux régimes faibles en calories. Il est plus que probable que ces régimes augmentent le risque de maladies cardiaques, de maladies colorectales, et de cancer à long terme, car, vous l'aurez compris, ils sont très pauvres en fibres végétales.

Disons deux mots du régime South Beach : une variante du régime Atkins. Ce régime a été développé par Arthur Agaston, un cardiologue de Miami. Comme le régime Atkins, le régime South-Beach est à faible taux d'hydrates de carbone. Mais il fait la différence entre les « bons » et les « mauvais » hydrates de carbone. Le régime South Beach pousse à consommer les « bons » hydrates de carbone et ainsi, il est plus « équilibré » que le régime Atkins.

Le degré de « culpabilité sanitaire» des hydrates de carbone se définit par l'index glycémique. Cet indice caractérise la capacité d'un hydrate de carbone à faire grimper la glycémie dans les deux heures qui suivent les repas. Les indices glycémiques les plus élevés font grimper fortement la glycémie, et sont considérés comme « néfastes ».

Avant la percée de la notion d'index glycémique, les hydrates de carbone étaient classés en complexes ou simples. Le critère important est la vitesse de digestion et d'absorption, fonction de la longueur de la chaîne polysaccharidique. Certains aliments sucrés peuvent faire grimper la glycémie autant que des quantités comparables de glucose. Ironiquement, une grande partie de ces aliments se trouvent à la base de la pyramide alimentaire, comme les pommes de terre, les pâtes, etc.

Certains chercheurs pensent que les aliments dotés des index glycémiques les plus élevés contribuent grandement à l'obésité. La consommation d'aliments à fort index glycémique provoque une période initiale de forte glycémie. Cette élévation brutale provoque une forte sécrétion d'insuline par le pancréas, donc une forte insulinémie. L'insuline entraînant le stockage du glucose par les cellules, cette situation peut engendrer une hypoglycémie réactionnelle et parfois une résistance à l'insuline, mécanismes à la base des états pré-diabétiques, puis diabétiques. Ces aliments à fort index glycémique permettent aux graisses de s’accumuler, tout en réduisant la capacité du corps à brûler les calories, un état qui favorise le «syndrome métabolique ».

Les aliments à faible index glycémique sont digérés et absorbés plus lentement dans l'intestin grêle. Ils favorisent un sentiment de satiété. Ils provoquent moins de sécrétion d'insuline post-prandiale, ce qui retarde la sensation de faim.

En se basant sur ce que nous connaissons, manger des aliments à faible index glycémique semble une bonne idée. Gardons toutefois en tête que la plupart des personnes mangent des REPAS et non des aliments tous seuls. Bien qu'un aliment puisse avoir un faible ou un fort index glycémique, le repas associant plusieurs d'entre eux limite l'applicabilité de la notion d'index glycémique. Il faut remonter à la manière dont les personnes mangent pour que cette notion redore le blason de sa pertinence : manger lentement en mâchant les aliments avec soin réduit en soi l'indice glycémique!

Surfant sur la mode du « faible en hydrates de carbone », les fabricant d'aliments tout comme de nombreux restaurants offrent des versions « allégées en hydrates de carbone ». Ces produits vont du ketchup à la bière. Contrairement au « faible en graisses », l'agence européenne de santé ne s'est pas donné la peine de définir de critères pour le « faible en hydrates de carbone ».

Les étiquettes listent seulement les « carbones nets » ou « carbone effectifs ». Ce sont des termes utilisés pour mettre en évidence la part totale des hydrates de carbone qui affectent les niveaux sanguins de glucose. Les carbones nets excluent en réalité les composants comme les fibres et les édulcorants comme le malitol, le lactitol et le sucralose. Ne soyons pas totalement idiots. Regardons attentivement le contenu total en calories et pas seulement les hydrates de carbone. Les aliments étiquetés « faibles en hydrates de carbone » ou « faible en carbones nets » peuvent en réalité présenter un fort contenu calorique.

Les régimes faibles en graisses

Les régimes à faible taux de graisses, dont les racines sont le régime Pritikin et le régime Ornish, ont désormais perdu de leur superbe, et ce depuis plusieurs années déjà. Ces programmes mettent en avant un régime basé initialement sur des végétaux, et sont caractérisés par un très faible contenu en graisses. Historiquement, les graisses ont été clouées au pilori, désignées comme des coupables majeurs dans les tsunami de l'obésité, des maladies cardiovasculaire, et de mauvaise santé santé en général. Après cette condamnation initiale, les bénéfices de certains types de graisses comme les mono et poly-insaturées ont fini par être reconnus. Les graisses saturées et trans, par contre ont montré que non seulement elles n'étaient d'aucune utilité pour la santé, mais pouvaient être considérées comme des ennemies absolues, à part pour les industriels qui continuent à abondamment les employer, pour le malheur de nos concitoyens, notamment les plus pauvres.

Les régimes à faible taux de graisses sont également très difficiles à maintenir sur la durée. Le régime Ornish autorise seulement 10% maximum de la charge calorique totale issue des graisses. A contrario, ces régimes permettent et encouragent la consommation de fruits et les légumes, des aliments exclus ou tolérés seulement en petite quantité dans les régimes à faible taux d'hydrates de carbone.

Tous les régimes faibles en graisses promettent une perte de poids. Cela est vrai, à partir du moment où ils engendrent une restriction calorique globale. Les régimes à faible taux de graisses sont fréquemment recommandés pour réduire les maladies cardiovasculaires en plus de la simple perte de poids. Mais les régimes faibles en graisses par eux-même ne sont par toujours efficaces. En réalité, une étude clinique importante et de long terme, concernant 48 000 femmes post-ménopausées a montré qu'un régime faible en graisses (moins de 20% des calories issues des graisses) n'était pas en mesure de réduire de manière significative le risque d'AVC ou de crise cardiaque. Le déséquilibre en acides gras qu'ils provoquent favorise le terrain inflammatoire, à l'origine des maladies cardiovasculaires en général.

Il est important de garder en tête que les programmes Pritikin et Ornish ont évolué pour dépasser la notion simple de régime. Ces programmes se sont étendus à la gestion globale du style de vie incluant exercice, gestion du stress, et bien d'autres composantes santé. Cette prise en compte du style de vie au sens large a montré une certaine efficacité pour les maladies cardiovasculaires. En raison de cela, les programmes Ornish ou Pritikin se sont imposés aux USA. Ils sont les seuls programmes couverts par Medicare et considérés comme favorables pour la santé.

Point pratique :

Les aliments à faible teneur en graisses sont souvent très riches en sucres, afin de ne pas dénaturer leur saveur. Cela signifie que les aliments pauvres en graisses peuvent en réalité être très riches en calories.

Autres régimes

Contrairement aux régimes évoqués précédemment, certaines approches ne favorisent aucun groupe particulier d'aliments. Ils conseillent une alimentation plus variée que les régimes faibles en hydrates de carbone ou faibles en graisses. Le régime Zone, par exemple, utilise la règle des 40-30-30. Le régime consiste à combiner 40% d'hydrates de carbone, 30% de protéines, et 30% de graisses. La théorie qui sous-tend le régime Zone n'est encore qu'une hypothèse. Elle stipule qu'un équilibre d'apport en hydrates de carbone, protéines, et graisses maintient les niveaux d'insuline « dans la zone » ce qui minimise le stockage des graisses et l'inflammation qui en résulte. Le régime Zone permet théoriquement de réduire le ratio insuline/glucagon. Selon ses promoteurs, réduire ce ratio affecte le métabolisme des eicosanoïdes (les dérivés des acides gras poly-insaturés, comprenant les leucotriènes, les prostaglandines et les thromboxanes), ce qui engendre un état métabolique qui limite la faim, favorise la perte de poids, augmente l'énergie, améliore l'immunité, et réduit les risques de maladie chronique.

Actuellement, aucune étude scientifique ne permet d'étayer les relations entre la nutrition, l'endocrinologie, et le métabolisme des eicosanoïdes. Sans compter que suivre le régime Zone peut s'avérer particulièrement compliqué. Les repas doivent être préparés en respectant une proportion adéquate de protéines, de graisses et d'hydrates de carbone, suivant des formules mathématiques qui dérouteraient les spécialistes mêmes de cette discipline complexe. Les portions de légumes sont très importantes. La complexité du régime Zone pose question et rend aléatoire son maintien au long cours.

Weight Watchers est le plus grand programme, à vertu purement mercantile, pour perdre du poids. Ce programme comprend un plan nutritionnel, un plan d'activité physique, et des réunions de groupe hebdomadaires. Weight Watchers joue sur la motivation de groupe, plus efficace que l'auto-motivation pour perdre du poids de manière durable.

Un essai clinique comparant Weight Watchers, Atkins, Ornish et Zone n'a en réalité identifié aucune différence significative entre toutes ces approches. Ils ont été classés sur un même plan d'efficacité, chacun d'entre eux réduisant le poids d'environ 2-3 kg sur une année.

Le régime paléolithique est LE programme diététique LE PLUS « MODE ». Popularisé par certains sportifs et certaines stars du show-business, il s'impose dans les magasines de la presse « people ». L'idée derrière le régime paléolithique est de s'alimenter comme les hommes des cavernes. Avant la révolution de l'agriculture, les gens se nourrissaient avec les aliments qu'ils avaient sous la main : des fruits, des légumes, de la viande, et des fruits de mer. Les céréales, cultivées, sont venues beaucoup plus tard, avec le développement de l'agriculture. Les promoteurs de cette approche disent que le régime paléolithique est l'approche nutritionnelle qui nous convient le mieux, génétiquement parlant, arguant en cela que notre patrimoine génétique n'a que très peu varié depuis cette époque. Suivre cette approche permettrait une performance, un poids et une santé optimisés. De manière certaine, éliminer les aliments transformés dont l'effet délétère sur la santé ne fait plus aucun doute, est une excellente pratique. N'oublions pas cependant que les aliments dont nous disposons aujourd'hui ne ressemblent en rien avec ceux que consommaient les hommes des cavernes. Les pesticides, les engrais de synthèse, la pollution de l'air, des sols et de l'eau sont des facteurs qu'il faut prendre en compte assurément. Ils affectent en premier lieu les aliments situés au sommet de la pyramide alimentaire : les œufs, la viande le poisson,... Bingo !

Le régime HCG, bien que relativement inconnu en France, est également immensément populaire dans les pays qui prônent la santé au naturel. Ce régime est basé sur une théorie élaborée par le médecin londonien nommé ATW Simeons dans les années 50. Il a observé que la distribution des adipocytes des patients obèses ressemble à la distribution des adipocytes chez des patients atteints du syndrome de Frolich, une maladie justement traitée avec de l'hCG (Human Chorionic Gonadotropin).

Simeons a donc émis l'hypothèse suivante : l'hCG peut traiter l'obésité. Plus récemment, le régime hCG a été popularisé par l'auteur Kévin Trudeau dans son livre, « Le traitement de la perte de poids, dont ils ne veulent pas entendre parler ». Pour information, Trudeau a été audité par la commission fédérale US pour avoir fait état, dans ce livre, d'éléments erronés et mensongers.

Le régime hCG combine un régime très faible en calories avec l'utilisation de l'hormone hCG dans le but de perdre du poids. Ce régime restreint la prise de calories à seulement 500-800 Calories par jour, des quantités extrêmement faibles. L'hormone hCG est administrée soit par injection intramusculaire, de manière sublinguale, ou oralement. L'hCG est normalement produite par le corps . Sa sécrétion est accrue chez les femmes enceintes, c'est la raison pour laquelle, les tests utilisent l'hCG comme marqueur de la grossesse. Les personnes qui proposent l'hCG pour la perte de poids lui attribuent deux avantages : accélérer la perte de poids et redistribuer les graisses depuis les cuisses et les fesses vers les autres zones corporelles.

Malgré ces théories pour le moins alléchantes, et qui ne manqueront pas de gagner la France des élégantes, les recherches cliniques récentes se sont traduites par un échec. Les régimes très pauvres en apports caloriques (500 à 800 Calories par jour) ont montré un effet sur la perte de poids à court terme, mais n'ont montré aucune efficacité sur le long terme, bien au contraire. La plupart des essais cliniques qui évaluent l'efficacité de l'hCG ajoutée à un régime à très faible apport calorique sont de piètre qualité sur le plan méthodologique. Les études de meilleure qualité montrent que le régime hCG ne réduit ni le poids de manière significative, ni n'engendre une redistribution favorable des graisses.

Il est important de garder en tête est que ces régimes « extrêmes » ne fonctionnent pas à long terme. Les régimes les plus efficaces sont ceux qui peuvent se vivre pour tout le reste de la vie des personnes qui les appliquent, et non les régimes extrêmes qui éliminent des groupes entiers d'aliments, qui apportent une quantité extrêmement réduite d'aliments, ou qui se concentrent uniquement sur telle ou telle catégorie d'aliments.

Il est important de manger de tout et de NE PAS se concentrer sur des CATEGORIES d'aliments. Pour perdre du poids, le facteur import, c'est la QUANTITE d'aliments ! Par exemple, on pense généralement que manger moins de graisses fait perdre du poids. Or, le simple fait de manger moins de gras permet en effet de perdre du poids. Mais le facteur influant n'est pas la graisse en tant que telle mais plutôt la consommation totale de calories.

Beaucoup de personnes commettent l'erreur classique de réduire leur consommation totale de graisses, tout en se « vengeant » sur les hydrates de carbone. La consommation globale de calories ne décroit pas, et il n'y a pas de perte de poids globale.

Attention au syndrome de la « distorsion de la portion ». En voici un exemple : les guide diététiques recommandent de consommer 2-3 « portions » par jour du groupe alimentaire des protéines. Un steak de 50 à 75 grammes est considéré comme une portion. Mais le steak typique est d'une taille au moins deux fois supérieure. Les portions de pâtes consommées sont habituellement au moins cinq fois plus grosses que la portion normale. Il est maintenant reconnu que cela pose un sérieux problème qui contribue à l'épidémie d'obésité.

Pour perdre du poids, il est essentiel de revenir aux fondamentaux du bon sens :

  • Manger mieux et pratiquer une activité physique, en relation avec notre âge, notre terrain, et notre mode de vie

  • Maîtriser son apport calorique total afin de gérer son poids corporel

  • Accroître son activité physique et réduire le temps gaspillé en activités sédentaires

  • Maintenir un équilibre calorique approprié durant chaque stade de la vie.

Lorsque non mangeons en grande quantité, nous nous alourdissons. Il est donc vital de regarder avec attention la portion des repas afin de réduire notre prise calorique totale.

Un moyen simple pour réduire la taille des portions : utiliser des assiettes plus petites.

La manière la plus efficace pour perdre du poids de manière pérenne, en bonne santé, est d'opter pour une prise calorique qui se situe un peu au dessous des besoins quotidiens. Cela crée une situation de léger déficit calorique. C'est un des grands enseignement des habitants d'Okinawa au Japon.

Pour la plupart d'entre nous, cela signifie réduire la prise calorique d'une quantité de 500-1000 kcal. Cela équivaut à éliminer un menu Mac Donald dont le contenu atteint 650 kcal ou de réaliser un exercice aérobie de 45 minutes.

Cette approche peut faire chuter le poids de 8% sur une période de 3-12 mois.

Il est conseiller de réduire TRES PROGRESSIVEMENT le contenu calorique de ses repas. Sans cela, les conséquences peuvent être opposées à celles désirées. Priver le corps d'une quantité trop élevée de calories peut le faire basculer en état de jeûne virtuel. Il réduit alors son métabolisme et se met à stocker des graisses. Ainsi, non seulement la restriction extrême de calories est néfaste pour la santé mais elle constitue une situation difficilement soutenable, surtout sur le long terme.

Activité physique :

C'est un élément essentiel de la perte et du maintien de poids. Mais dans la pratique, bien peu de personnes la mette en œuvre réellement et de manière correcte.

En la matière, comme en beaucoup d'autres, le « mieux est l'ennemi du bien ». Un peu d'activité, c'est mieux que pas d'activité du tout. Idéalement, un adulte devrait pratiquer au moins 2 heures et 30 minutes d'exercice d'intensité modérée, ou 75 minutes d'activité vigoureuse par semaine. Dépasser cette durée d'exercice présente un intérêt sur le plan de la santé, à condition de ne pas tomber dans l’excès. De plus, les exercices contre résistance, permettant un renforcement musculaire, doivent idéalement être mis en œuvre pendant au moins 2 jours par semaine.

L'activité physique seule n'engendre pas nécessairement de la perte de poids. Cependant, cela peut aider à maintenir un poids cible. La meilleure stratégie est de combiner activité physique adéquate et réduction modeste des calories, tout en adaptant, là encore, la meilleure stratégie pour son terrain individuel.

Les personnes obèses peuvent démarrer très modérément un programme d'exercices simples. Par exemple, commencer avec de la marche ou de la natation à un rythme très modéré. Avec le temps, elles peuvent pratiquer des activités d'intensité plus intense comme la marche rapide ou nordique, l'aviron, le cyclisme, le ski de fond etc... Garder en tête que certaines personnes peuvent être victimes, sans le savoir, de maladies graves, comme les maladies cardiovasculaires, qui peuvent rendre l'exercice très difficile ou même dangereux. Il est d'ailleurs recommandé de tester sa résistance à l'effort et de consulter un médecin avant d'entreprendre un programme de reprise d'activité physique.

Il n'est pas nécessaire d'atteindre un IMC « idéal » pour bénéficier de la perte de poids. Une perte de poids modérée réduit de manière significative le risque de développer des maladies comme le diabète et l'hypertension.

Le rythme maximal consiste à perdre 10% de la masse corporelle durant les premiers 6 mois ou une perte constante de 500 grammes par semaine.

Pour les personnes dont l'IMC est compris entre 27 et 35, faire chuter la prise de calories 300-500 kcal par jour est suffisant pour atteindre ce but. Pour les personnes plus sévèrement atteintes par l'obésité, avec un IMC de 35 ou plus, une chute de 500 – 1000 kcal par jour constitue le bon rythme pour atteindre cet objectif de perte de poids.

Médicaments pour traiter l'obésité

Un article se doit d'explorer toutes les pistes utilisées par les patients pour perdre du poids. Il est hallucinant de constater que de très nombreuses personnes croient qu'il suffit de prendre certains médicaments pour perdre du poids... Une preuve supplémentaire que le marketing est un outil de propagande efficace...

Il n'est donc pas inutile de le rappeler : aucun médicament ne remplace les changements de style de vie : la nutrition, l'exercice physique.

Bien que la thérapie médicamenteuse soit généralement réservée aux patients ayant un IMC de plus de 30 ou les patients avec un IMC de plus de 27 et atteints d'une maladie métabolique comme le diabète, l'hypertension, une hyperlipidémie, etc... il est navrant de constater que de très nombreuses personnes souhaitant maigrir n'hésitent pas à se tourner vers leur armoire à pharmacie... Tout en ne rien changeant sur le plan de leur alimentation.

Il existe 3 catégories de médicaments anti-obésité : les limiteurs d'appétit, les agents thermogéniques et des inhibiteurs de digestion. Les traitements naturels peuvent également être classés dans ces trois catégories, mais nous le martelons encore.... Rien ne peut remplacer les changements de style de vie !!!

Limiteurs d'appétit

Ces médicaments agissent sur le système nerveux central pour faire chuter l'appétit ou bien procurer une sensation de satiété. Cette classe est la plus largement utilisée et la plus controversée.

Nous avons tous entendu parler de la controverse du Médiator. En réalité, cette polémique a commencé par l'affaire du du « Phen-Fen ». Les combinaisons de phentermine (Ionamin, Adipex) et Fenfluramie (Pondimin) ou de dexfenfluramine (Redux) ont été utilisées par des milliers de patients obèses ou en surpoids. La Phentermine est un agent adrénergique comparable à une amphétamine : une classe de molécules appréciée notamment par les hommes politiques et les sportifs. Rappelons par exemple que tous les sommets de plus de 8000 mètres ont été « vaincus sous amphétamines ». La Phentermine accroît les niveaux de noradrénaline, un neurotransmetteur qui supprime l'appétit. La Fenfluramine et la dexfenfluramine accroissent quant à eux les niveaux de sérotonine, ce qui supprime, entre autres, les envies sucrées, tout en procurant une délicieuse sensation de bien-être. Ces molécules ont été associées pour accroître leur efficacité et supprimer plusieurs effets secondaires relatifs aux actions stimulantes de la phentermine.

En 1997, la fenfluramine et la dexfenfluramine ont été retirées du marché en raison d'une corrélation entre la prise de ces médicaments et des cas de valvulopathies. Seule la Phentermine est encore disponible.

Le médiator, un médicament à base de norfenfluramine, une molécule de la même famille que la fenfluramine et de la dexfenfluramine, dotée des mêmes effets pharmacologiques a été retiré du marché français en 2009 (soit 12 ans trop tard!!), pour les mêmes risques pour la santé. Depuis ce jour, je ne fais personnellement plus confiance aux autorités françaises pour évaluer les risques médicamenteux. Je préfère me référer à la FDA américaine qui, bien qu'imparfaite et mitée par les lobby, vit sous la menace permanente de la puissance judiciaire, qui comme tout le monde le sait ne fait pas dans la dentelle aux USA.

Le Phenylpropanolamine a également été au centre de la controverse. Il agit directement sur les récepteurs de la noradrénaline afin de faire chuter l'appétit. Il a été fréquemment utilisé comme adjuvant dans les régimes tout comme dans des formulations pour traiter le rhume jusqu'aux années 2000, quand il a été retiré du marché. Une étude très étendue a permis de prouver qu'il augmentait le risque hémorragique.

Plusieurs agents adrénergiques sont encore sur le marché... La benzphetamine (Didrex), phendimetrazine (Bontril, autres), et le diethylpropion (Tenuate).

Le Sibutramine (Sibutral) a été approuvé pour le traitement de l'obésité en 1998. Il présente des effets pharmacologiques comparables à ceux d'un antidépresseur : la venlafaxine (Effexor). Il inhibent tous les deux la recapture de la noradrénaline, de la sérotonine et de la dopamine. 10-30 mg/jour de Sibutramine peut réduire le poids de 10% sur 6 à 12 mois. L'Europe a demandé la suspension du Sibutramine en 2010.

Plusieurs cliniciens essayent d'utiliser les antidépresseurs pour traiter l'obésité. Les SSRI (inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine) comme la fluoxétine (Prozac) accroissent les niveaux de sérotonine, ce qui stimule l'hypothalamus et produit des sensations de satiété. Malheureusement, la réalité est sans appel : la fluoxétine ne permet pas de faire chuter le poids chez les patients obèses... C'est même plutôt le contraire.

Le Bupropion est structurellement similaire à l'agent adrénergique diéthylpropion. Des études montrent que ce composé peut réduire le poids à court terme. Mais son efficacité à long terme est pour le moment inconnue.

En raison de leur ressemblance avec les antidépresseurs sérotoninergiques, certains patients essayent les compléments diététiques qui affectent la sérotonine. Ce sont principalement le millepertuis, le 5-HTP, et la griffonia, une plante qui contient une grande concentration de 5-HTP.

Le millepertuis inhibe la recapture de sérotonine et peut aider certaines personnes atteintes de dépression. Mais il n'existe aucune preuve fiable montrant que le millepertuis est d'un intérêt quelconque pour les personnes obèses.

Le 5-HTP est l'intermédiaire entre le L-tryptophane et la sérotonine. La prise de 5-HTP accroît les niveaux de sérotonine dans le SNC. Des études préliminaires montrent que la prise de 900 mg par jour de 5-HTP permet de faire chuter la consommation d'hydrates de carbone, provoque une satiété rapide et permet de faire chuter le poids chez les patients obèses lorsque ces compléments sont utilisés sur une période de 6 semaines. Les bénéfices potentiels à long terme ne sont pas connus pour le moment. Certaines plantes en contiennent comme la griffonia.

L'Hoodia (une plante de la famille des cactus) a été mise sur le devant de la scène des compléments pour la perte de poids durant ces dernière années. C'est une plante succulente qui pousse dans le désert de Kalahari. On dit que les Bushmen mangent du hoodia pour lutter contre la faim durant les longues chasses.

Un composant du hoodia, le P57 est supposé avoir des propriétés supprimant l'appétit. Cette substance est censée agir sur le SNC pour stimuler les sensations de satiété, mais le mécanisme précis n'est pas encore connu. La litramine ® contenu dans un complément très connu fait partie de cette famille spécifique.

Malgré le nombre impressionnant de documents qui mettent en avant les compléments à base de hoodia, il n'existe à ce jour pas de preuves fiables qui montrent une certaine efficacité pour perdre du poids sans risque pour la santé. En fait, il existe un certain nombre de problèmes de sécurité concernant l'hoodia. Chez des volontaires en bonne santé, la prise d'extrait de hoodia pendant 15 jours accroît la tension artérielle, le rythme cardiaque, la bilirubine, et les niveaux de phosphatase alcaline. Ces éléments suggèrent une possible toxicité cardiovasculaire et hépatique.

Agents thermogéniques

Les agents thermogéniques sont également nommés brûleurs de graisses. Comme leur nom l'indique, ils permettent d'augmenter la dépense énergétique. En Europe, tout comme dans de nombreux pays, il n'existe pas de médicaments approuvés pour traiter l'obésité dans cette catégorie. Mais il y a eu quelques investigations permettant d'évaluer l'efficacité de l'éphédrine.

L'éphédrine (à ne pas confondre avec la plante Indienne éphedra) est un agent noradrénergique lié à la phénylpropanolamine. L'éphédrine pourrait également être classé comme suppresseur d'appétit, mais ses effets sur le système nerveux central sont faibles. Son action se situe plutôt sur le système nerveux périphérique, ce qui en a fait un agent dopant très prisé par certains sportifs. Toutefois, l'éphédrine accroît la libération de noradrénaline, ce qui décroît l'appétit. L'éphédrine fait grimper le rythme cardiaque, la tension artérielle et la thermogénèse (la fabrication de chaleur).

L'éphédrine est souvent associée à la caféine pour accroître son effet thermogénique. La caféine décroît la dégradation de la noradrénaline dans la fente synaptique. C'est sûrement la raison pour laquelle elle est si prisée par les sportifs. Ni l'éphédrine, ni la caféine, lorsqu'elles sont prises seules, permettent de faire chuter le poids. Mais certaines études montrent que la combinaison de l'éphédrine et de la caféine peut faire baisser le poids de 16% sur 6 mois de traitement.

Beaucoup de personnes essayent les plantes thermogéniques. Elles sont souvent influencées par les noms des compléments aux termes alléchants : Métabolife, Slenderite, GlycoLEAN Accelerator 2, Fen-tastic, Phen naturel, Thermo Sculpt...et j'en rate et des meilleurs... et souvent achetés sur Internet.

Ephedra, également nommée Ma huang, A ETE l'ingrédient le plus commun contenu dans ces produits. L'éphédra contient naturellement de l'éphédrine, de la pseudoéphédrine, la phénylpropanolamine.

En 2004, après plusieurs années d'autorisation, la FDA a mis au banc les produits à base d'éphédra aux USA, en raison des risques qu'ils font courir à ceux qui les utilisent. Le ministère de la santé du Canada a demandé le retrait de produits à base d'éphédra en 2002. La consommation d'éphédra a, en effet, été reliée à de nombreux cas d'effets secondaires sérieux comme des attaques cardiaques, des arythmies, des accidents vasculaires cérébraux, des psychoses, des convulsions et des décès.

En 2005, l'industrie des compléments alimentaires a attaqué la FDA sur le sujet de l'éphédra. Après une année d'interdiction, un juge fédéral de l'Utah a mis en cause l'action de la FDA, stipulant que cette dernière n'a pas prouvé que de faibles doses d'éphédra faisaient courir un risque pour la santé. La FDA a fait appel, ce qui a conduit à la nouvelle mise en place de l'interdiction en 2006.

Le FDA, tout comme l'agence européenne du médicament, ont une autorité limitée sur les compléments alimentaires. Un médicament doit être garanti sans risque et faire preuve d'une certaine efficacité avant d'être mis sur le marché... Pour les compléments, les autorité de santé doivent prouver qu'ils peuvent causer des problèmes pour pourvoir les retirer du marché. Concrètement, Il faut étayer un « risque non raisonnable de maladie ou de blessure » avant d'enlever le complément du marché. Quant à leur efficacité, tout est affaire de « feeling » et surtout de « fric ».

L'orange amère contient 1% à 6% de synéphrine, un agoniste adrénergique semblable à l'éphédrine. La plupart des produits contenant de l'orange amère contiennent entre 10 et 40 mg de synéphrine par dose.

Il existe au moins six isomères de la synéphrine. Ces différents isomères peuvent avoir des effets pharmacologiques différents. Les isomères contenus dans l'orange amère ne sont pas clairement identifiés bien que plusieurs études scientifiques laissent penser que l'orange amère contient uniquement de la « p-synéphrine ». D'autres études stipulent qu'il contient uniquement de la « m-synéphrine » un composé également connu sous le terme de phényléphrine. La phényléphrine (m-synéphrine) est l'agent alpha-adrénergique utilisé comme décongestionnant nasal (Neosynéphrine). Plusieurs produits à base d'orange amère indiquent cependant que le produit contient à la fois de la p et de m synéphrine. Dans les analyses de laboratoire chacun de ces isomères a été détecté dans au moins un produit à base d'orange amère. Nous ne savons pas, toutefois, si ces compléments ont été « renforcés » avec un ou plusieurs isomères synthétiques, un élément qui est très difficile à prouver. Des recherches complémentaires sont nécessaires pour déterminer quels sont les isomères de la synéphrine présents naturellement dans les extraits d'orange amère. Ces études sont importantes si l'on veut mieux comprendre les effets pharmacologiques des produits à base d'orange amère.

De nombreux fabricants de produits contenant de l'éphédra ont basculé sur des produits contenant de l'orange amère. De la même façon que les compléments contenant de l'éphédra, les compléments contenant de l'orange amère ont été associés à des cas d'attaques ischémiques et de cardiotoxicité incluant de l'arythmie cardiaque, des arrêts cardiaques, des syncopes, des angines de poitrine, des cas d'infarctus du myocarde, d'arythmie ventriculaire, et de mort subite chez des personnes en bonne santé, mais qui ont pris des extraits d'orange amère seule ou en combinaison avec d'autres stimulants comme la caféine... Rien de très rassurant ! Notons au passage que l'huile essentielle de néroli ne contient pas de synéphrine... Ouf !

En plus de ses effets stimulants, l'orange amère peut accroître les niveaux de plusieurs médicaments, de la même façon que le jus de pamplemousse. Mais l'étendue des effets de l'orange amère sur les interactions médicamenteuses reste très largement inconnue. L'orange amère accroît les niveaux de dextrométhorphane, de felodipine et de midazolam . Mais l'orange amère ne semble pas affecter la CYP3A4 hépatique, ni la glycoprotéine P hépatique.

Point pratique : les compléments à base d'orange amère contiennent également souvent de la caféine. Lorsqu'ils sont associés, ces produits peuvent prolonger l'intervalle QT sur l'électrocardiogramme. Théoriquement, combiner l'orange amère avec des médicaments qui prolongent l'intervalle QT peut accroître le risque d'arythmie cardiaque. Les médicaments qui prolongent l'intervalle QT comprennent l'amiodarone , le disopyramide, le dofetilide, l'ibutilide, le procainamide, la quinidine, le sotalol, le thioridazine, et bien d'autres.

Les personnes qui prennent l'un ou l'autre de ces médicaments ne doivent en aucun cas prendre des compléments contenant des extraits d'orange amère.

Le diméthylamylamine (DMAA ou 1,3 diméthylamylamine) se retrouve dans les compléments pour perdre du poids. On le retrouve également comme complément pour le bodybuilding et plus généralement pour booster la performance athlétique. Ce composé est présent dans des compléments populaires comme Jack3d et OxyELITE qui présentent, d'après leur fabricants, des propriétés « de précurseur de la fabrication d'oxyde nitrique ».

Le diméthylamylamine fut à l'origine étudié comme décongestionnant nasal en raison de ses propriétés stimulantes et vasoconstrictrices. Certaines personnes clament haut et fort qu'il s'agit d'une alternative sans risque à l'éphédrine. La réalité est bien plus crue : il n'existe aucune information fiable concernant la pharmacologie ou la sécurité sur ce composé. En réalité, la diméthylamylamine a de grandes probabilité d'être néfaste pour la santé. Les produits contenant de la diméthylamylamine ont été reliés à plus de 40 effets secondaires sérieux incluant des problèmes cardiovasculaires, métaboliques, et psychiatriques. Plusieurs cas de mort subite ont également été recensés.

Dans un rapport, un patient ayant pris une association spécifique contenant du diméthylamylamine (Jack3d d'USP Labs) avant un exercice intense a subi une acidose lactique très grave, suivie d'une hypotension, une tachycardie, une tachypnée, et une confusion. Dans un autre rapport, un patient ayant pris deux tablettes contenant 278 mg de diméthylamylamine avec 150 mg de caféine et une bière. Dans les 30 minutes suivant la consommation, le patient a été atteint de confusion, d'incontinence, et de vomissements. On se rendit compte un peu plus tard qu'il a été atteint d'une attaque hémorragique. Il existe au moins deux cas de mort dans l'armée américaine, de soldats ayant pris des compléments à base de diméthylamylamine et ont été atteints d'attaque de chaleur et de complications à la suite de l’entraînement physique. Le département US de la défense a temporairement banni les compléments contenant de la diméthylamylamine.

Ce composé est également interdit par la World Anti-Doping Agency en 2010 (son synonyme est la « méthylhexanamine ».

Il est fondamental pour un thérapeute d'aider ceux qui lui font confiance à sortir des écrans de fumée tendus par les vendeurs de rêve. Ces produits contiennent des médicaments très puissants ayant des effets pharmacologiques réels et sérieux, avec des effets secondaires extrêmement sévères. Attention aux patients atteints d'hypertension et de maladie cardiaque !

Il est également important d'aider les personnes qui souhaitent utiliser les produits naturels pour se soigner à trier le bon grain de l'ivraie. Beaucoup de produits commerciaux contenant de la diméthylamylamine listent le « géranium » ou les « feuilles de géranium » comme ingrédient. Certaines études stipulaient que les feuilles de géranium contenaient du diméthylamylamine. Mais ces allégations se sont révélées totalement fausses. Garder en tête que ces produits contiennent une forme synthétique et purifiée de DMAA. On trouve également d'autres noms comme la méthylhexanamine, la géranamine, la diméthylpentylamine, le floradène, etc...

Point pratique : Les compléments stimulants sont très populaires chez les athlètes. Mais les règles adoptées par différentes ligues sportives et le comité Olympique ont interdit les stimulants et leurs dérivés, dont la synéphrine contenue dans l'orange amère et le diméthylamylamine.

Attention aux compléments qui combinent les stimulants. Beaucoup de compléments stimulants contiennent de la caféine. Cela peut accroître le risque d'effets secondaires. Mais les sources de caféine sont souvent cachées. Regarder avec attention les ingrédients comme le guarana, la noix de cola, le maté et les extraits de thé. Ces plantes sont toutes des sources, parfois majeures, de caféine.

Inhibiteurs de la digestion

L'Orlistat (Alli, Xenical) est un inhibiteur réversible de la lipase pancréatique. Les patients prennent une capsule trois fois par jour, lors de chaque repas. Il agit en bloquant la dégradation et l'absorption de graisses alimentaires, ce qui réduit la prise de calories. L'Orlistat est plus sûr qu'un suppresseur d'appétit, mais de nombreuses personnes interrompent leur traitement en raison des effets secondaires comme les selles grasses (stéatorrhée), les flatulences, et l'incontinence anale.

Les effets de l'Orlistat ne dépendant pas du régime alimentaire. Utiliser l'Orlistat en synergie avec un régime très riche en graisses accroît les risques d'effets secondaires. La prise d'Orlistat doit être associée avec une consommation modérée de matières grasses.

Plusieurs personnes utilisent le psyllium pour empêcher les effets secondaires de l'Orlistat. La prise de 6 grammes de psyllium avec chaque dose d'Orlistat ou 12 grammes à l'heure du coucher semble réduire les effets secondaires intestinaux d'environ 40%.

Le psyllium et les autres sources de fibres comme l'avoine et la gomme de guar ont également été étudiés comme agents pour perdre du poids. Comme l'Orlistat, ils empêchent l'absorption des graisses. Au lieu d'inhiber la dégradation enzymatique des lipides comme l'Orlistat, ces fibres en empêchent l'absorption en se liant aux graisses dans l'intestin. Cela cause moins d'effets secondaires, notamment intestinaux. Le célèbre XLS médical entre dans cette catégorie.

Accroître la consommation de fibres permet de faire chuter les niveaux sériques de lipides. Mais peu d'études permettent d'étayer le fait que les fibres seules peuvent aider à faire chuter le poids de patients obèses. La gomme de guar a été le plus étudié. Elle ne semble PAS fonctionner pour la perte de poids.

Le Glucomannan est un polysaccharide fibreux extrait des tubercules du konjac. Des recherches très préliminaires suggèrent que le glucomannan pourrait être utile pour la perte de poids. Cependant, d'autres sources montrent qu'il ne serait d'aucun effet. Malgré la popularité des compléments alimentaires qui en contiennent, la réalité est, comme souvent, beaucoup moins glorieuse.

Point pratique : le glucomannan tout comme d'autres sources de fibres peuvent faire chuter l'absorption des médicaments. Il est donc important de prendre ses médicaments une heure avant ou quatre heure après la prise de glucomannan et d'autres produits fibreux.

D'autres compléments populaires ciblent l'absorption des graisses. Le chitosan est un polymère de molécules de glucosamine dérivé de l'exosquelette de crustacés. Il agit en théorie comme les fibres, en se liant aux graisses, ce qui empêche leur absorption. Les études sont contradictoires concernant cet effet, tout comme sur son impact réel sur la perte de poids. Plusieurs recherches cliniques suggèrent que combiner le chitosan avec un régime restreint en calories pourrait conduire à une perte de poids modérée. Mais la prise de chitosan, oralement, et sans réduction calorique, ne semble pas causer de perte de poids significative.

De nombreuses études concernant le chitosan présentent beaucoup de biais méthodologiques. Une méta-analyse au sujet du chitosan suggère que ce composé pourrait induire une perte de poids modeste si l'on compare avec le placebo ; cependant, lorsque l'on ne prend en compte que les études de meilleure qualité (sur des échantillons plus importants), les effets du chitosan sur la perte de poids sont minimaux, environ 0.5 kg lorsque la prise s'étale sur une période de 1 à 6 mois. Cet effet n'est donc pas significatif sur le plan clinique. Il ne faut donc pas compter uniquement sur les compléments à base de chitosan pour perdre du poids, sur le long terme, et de manière significative.

Le guggul produit une résine – gomme utilisée dans les compléments pour perdre du poids. Il semble réduire les niveaux de lipides, mais il existe des preuves contradictoires concernant son effet réel sur la perte de poids.

L'inuline est un polysaccharide à longue chaîne contenu dans la chicorée. Il permet de réduire les triglycérides. Mais bien qu'elle offre de nombreux bienfaits pour la santé, l'inuline ne semble pas efficace pour perdre du poids.

Bloqueurs d'amidon

Les bloqueurs d'amidon ont été commercialisés dans les années 70, mais retirés du marché parce que la FDA ne leur a pas trouvé d'efficacité prouvée. Depuis leur classement en complément alimentaire, les bloqueurs d'amidon peuvent être commercialisés avec la mention produit naturel et éviter ainsi les fourches caudines de la FDA.

Les bloqueurs d'amidon sont fabriqués à partir d'une protéine contenue dans les haricots blancs. Ces compléments inhibent en théorie une enzyme: l'alpha-amylase, ce qui empêche la dégradation des molécules d'amidon présentes dans l'intestin. L'amidon non digéré est théoriquement dirigé directement dans les fèces. En réalité, aucune recherche clinique fiable n'étaye cet élément. Les preuves préliminaires montrent qu'un extrait spécifique de haricot blanc nommé « «phasus 2 » ne fait pas chuter le poids de manière significative chez les patients obèses. Il est donc vain de compter sur ce produit pour perdre du poids.

Divers

Un nombre impressionnant de compléments existent pour traiter l'obésité. Cela n'est pas surprenant. Un des plus importants est l'acide linoléique conjugué (CLA). Le CLA se réfère à des isomères de l'acide gras: acide linoléique, composé de la famille des oméga 6, que l'on retrouve en premier lieu dans les produits laitiers et dans le bœuf. Les chercheurs évaluent le potentiel du CLA pour réduire les graisses corporelles. En théorie, et c'est pour cela que ce composé suscite un si grand intérêt, le CLA peut dégrader le tissu adipeux en induisant l'apoptose des adipocytes.

La prise de 0.7 à 4.5 grammes de CLA par jour semble significativement réduire la masse graisseuse et accroître la masse maigre chez certains patients. Mais cela n'a aucun impact sur l'indice de masse corporelle. Le CLA semble réduire la sensation de faim et améliorer la satiété tout comme le rassasiement, mais ne semble pas nécessairement réduire la prise énergétique , ni conduire à stabiliser la masse corporelle.

Il existe quelques soucis concernant la sécurité à long terme du CLA. Des preuves indiquent que les isomères trans-10 et cis-12 du CLA améliorent l'hyper-pro-insulinémie et la résistance à l'insuline chez les patients atteints d'obésité abdominale. L'hyper-insulinémie est un facteur de risque du diabète de type 2 et de maladies cardiovasculaires. Elle est également une composante du syndrome métabolique également appelé « syndrome X ».

Par conséquent, les CLA ne sont pas nécessairement une bonne solution pour les patients obèses. La plupart des produits contenant du CLA contiennent généralement un mélange d'isomères du CLA. Nous ne savons pas si les différents isomères du CLA présentent le même risque. Jusqu'à ce que l'on en sache plus, il est conseillé de ne pas utiliser les CLA pour la perte de poids.

Les pré et probiotiques montrent un intérêt croissant pour perdre du poids. En effet, des études montrent que le microbiote intestinal des personnes obèses était différent de celui des personnes de poids normal. Il est donc naturel de tenter de ré-équilibrer la flore, soit en prenant des probiotiques, c'est à dire des composants du microbiote ayant un intérêt pour la santé ou bien des prébiotiques: des nutriments destinés à nourrir la "bonne" flore intestinale. Ne pas oublier que ces recherches sont en plein développemet et que nos connaissances dans le domaine sont encore bien maigre!

Il existe un intérêt croissant pour le rôle du calcium dans la perte de poids. Les adultes et les enfants prenant peu de sources de calcium sont plus exposés à la prise de poids. Ils ont un IMC plus élevé, en comparaison avec les personnes qui prennent une quantité de calcium plus élevée.

Accroître la consommation de calcium issu de produits laitiers maigres comme les yaourts pour atteindre une prise de 800 à 1200 grammes par jour semble aider à réduire son poids, à augmenter la masse musculaire et à perdre des graisses corporelles. Plusieurs études suggèrent qu'augmenter la consommation de calcium de 900-1000 mg/jour peut permettre une perte de 8-9 kg de masse corporelle totale chez les personnes en surpoids ou obèses.

Il existe en réalité plein d'autres bonnes raisons pour augmenter sa prise de calcium. Il est néanmoins illusoire de compter uniquement sur des compléments à base de calcium pour perdre du poids. La bonne stratégie consiste à prendre des quantités de calcium appropriées à partir de sources contenant une faible teneur en graisses ! Des compléments peuvent être utilisés, si cela s'avère nécessaire. N'oublions pas que certaines graines et certains légumes constituent de formidables sources de calcium, souvent plus intéressantes que les produits laitiers fabriqués avec du lait UHT !

Le 7-Ceto-DHEA est l'ingrédient actif de compléments alimentaires parmi les plus populaires. Il s'agit d'un métabolite de l'hormone DHEA. Il est populaire parmi les body-builders et les personnes obèses parce-qu'il est censé booster le métabolisme basal et la thermogenèse. Il est considéré comme plus sûr que le DHEA car, contrairement à ce dernier, il n'est pas converti en testostérone et en œstrogènes. Malgré tout ces avantages réels ou supposés, le 7-Ceto-DHEA n'est pas dénué d'effets secondaires et semble accroître le niveau des hormones thyroïdiennes.

Il existe des preuves préliminaires qui montrent que le 7-ceto-DHEA est capable de faire chuter le taux de graisses corporelles ainsi que le poids chez les femmes obèses, mais il est encore prématuré de le recommander. Il y a encore trop d'inconnues concernant sa sécurité sur un usage prolongé.

Le Garcinia (fruit et extrait d'écorce) contient plus de 50% d'acide hydroxycitrique, un composé qui inhibe la production de lipides par le corps. Cet ingrédient apparaît dans de nombreux compléments censés favoriser la perte de poids. Mais la plupart des études montrent que la prise d'extraits de fruits et d'écorces de Garcinia n'agit ni sur la perte de poids, ni sur la satiété des personnes obèses.

Il existe de nombreuses allégations concernant le chrome. Les personnes l'utilisent généralement pour des problématiques comme l'hyperlipidémie, le diabète et l'obésité. La théorie sous-jacente est que les régimes occidentaux sont déficitaires en chrome, ce qui conduit au diabète, à la prise de poids, ainsi qu'à d'autres problèmes métaboliques. Des études montrent que le chrome peut aider à réduire les niveaux de lipides et de glucose chez les patients atteints de diabète. Mais les études concernant l'effet du chrome sur le poids sont largement contradictoires. Certaines preuves montrent que le picolinate de chrome produit une perte de poids modeste, d'environ 1.1 kg si l'on compare au placebo, sur une période de 72 à 90 jours. D'autres études n'ont montré aucun bénéfice sur ce plan.

Le pyruvate est un composé qui monte en puissance parmi les remèdes pour la perte de poids. Cette molécule est le produit final du métabolisme du glucose. Le pyruvate est orienté vers la mitochondrie pour le métabolisme et la production énergétique. C'est la raison pour laquelle, les fabricants de compléments prétendent que le pyruvate est un booster de métabolisme. En réalité, cela n'a aucun sens sur le plan physiologique.

Cependant, des études montrent que substituer le glucose par du pyruvate peut aider à perdre du poids. Les patients qui consomment 22 à 44 grammes de pyruvate en lieu et place de leur prise habituelle d'hydrates de carbone perdent du poids et de la graisse corporelle. D'autres recherches ne montrent néanmoins aucun effet, ni sur le poids corporel, ni sur sa composition.

Même si le pyruvate est efficace, il n'est en réalité pas très pratique à utiliser. Des doses aussi élevées provoquent des effets secondaires très significatifs.... de la diarrhée, des flatulences, des ballonnements. De plus, la plupart des compléments à base de pyruvate contiennent entre 500 mg et 1 g de pyruvate par capsule, c'est à dire « peanuts » ! Les patients qui essaient le Pinnacle Pyruvate 1000 doivent prendre entre 22 et 44 capsules jour, ce qui coûte entre 180 et 360 euros par mois !!

L'Irvingia gabonensis est un ingrédient naturel de plus en plus populaire. On le retrouve maintenant dans plusieurs compléments pour la perte de poids. L'invingia gabonensis est également connue sous le terme de mangue africaine ou de mangue des bois. C'est un arbre africain qui produit des fruits en forme de mangue. Ces graines contiennent des fibres solubles qui agissent comme des laxatifs. Plusieurs études suggèrent qu'un extrait de graines réduit l'accumulation de graisses dans les cellules adipeuses (les adipocytes).

Les recherches cliniques montrent que la prise d'un extrait de graines standardisé (IGOB131), 150 mg deux fois par jour pendant 10 semaines réduit le poids d'environ 13 kg chez les patients obèses (en comparaison des 0.7 kg pour le placebo). Il manque cependant beaucoup d'éléments concernant la sécurité à long terme sur la consommation de cet extrait.

L'aristoloche est présent dans un certain nombre de produits pour la perte de poids. Il contient de l'acide aristolochique, néphrotoxique et carcinogène chez l'homme. Malgré un avertissement d'agence européenne du médicament et de la FDA, les produits contenant de l'acide aristolochique sont encore disponibles illégalement sur internet. Par chance, ces produits ne sont pas disponibles en magasins. L'aristoloche se trouve dans certaines préparations chinoises et peut ne pas être listé dans les ingrédients. C'est la raison pour laquelle nous conseillons de ne jamais acheter de plantes venant de Chine.

La FDA a également émis un avertissement au sujet des produits contenant de l'acide usnique. L'usnée, une source d'acide usnique est un lichen. Il est censé favoriser la perte de poids en accélérant le métabolisme, mais il n'existe aucune recherche pour étayer ce point précis. Après des reports d'hépatotoxicité sévère en lien avec un produit nommé LipoKinetix, la FDA a émis un avertissement au sujet de son utilisation. Le produit contenait de la phénylpropanolamine, de la caféine, de la yohimbine, du diiodothyronine, et de l'usniate de sodium, le sel sodé de l'acide usnique. L'usniate de sodium semble interférer avec la phosphorylation oxydative dans les mitochondries hépatiques, ce qui est l'explication la plus probable de sa toxicité.

Les pilules Brésiliennes sont la dernière mode aux USA. Elles sont disponibles grâce au réseau internet ou bien dans certaines officines spécialisées. On les retrouve sous des marques diverses. Attention aux patients qui s’égarent dans la jungle de ces produits. Les arguments sont purement commerciaux et les allégations sont purement et simplement mensongères.

Cha de bugre est un produit Brésilien qui gagne du terrain de jour en jour. Il est supposé avoir une activité de suppresseur d'appétit. Mais il n'existe aucune preuve fiable concernant son activité pharmacologique ou ses effets cliniques. La sécurité est complètement inconnue.

Cétone de framboise : ces composés spécifiques ont été mis au devant de la scène par un médecin américain très populaire (le Dr Oz). Ce dernier a qualifié ces composés de « brûleurs de graisses en bouteille ». Le problème est qu'il n'existe aucune preuve fiable pour étayer ces allégations.

Les recherches chez l'animal suggèrent que cela peut aider à réduire l'obésité, mais cela n'a jamais été étudié chez les humains.

Il peut y avoir des problèmes de sécurité. Plusieurs preuve suggèrent que l'action réside dans l'amélioration de la thermogenèse induite par la noradrénaline. En fait, les cétones de framboise présentent des similarités structurelles avec la synéphrine dont nous avons parlé plus haut.

Conseiller de ne pas prendre des cétones de framboise jusqu'à ce que des preuves plus fiables concernant la sécurité et l'efficacité soient plus étudiées. Il n'est pas interdit de manger des framboises, malgré tout.

Un autre complément populaire est l'extrait de café vert. Les grains de café vert contiennent en effet un constituant nommé agent acide chlorogénique. Ce constituant est censé agir sur la perte de poids.

Contrairement aux cétones de framboise, l'extrait de café vert présente certains éléments qui prouvent sont efficacité. Plusieurs essais cliniques ont évalué deux formes spécifiques d'extrait de café vert – le Svetol (Naturex) et le GCA (Applied Food Sciences). Ces essais montrent que ces formes d'extraits de café vert peuvent potentiellement réduire le poids d'environ 2.5 kg après 6 semaines de traitement.

Nous ne savons malheureusement toujours pas si ces extraits sont bien tolérés, même lorsqu'on les utilise sur le court terme.

Conclusion

Le meilleur conseil à donner aux personnes obèses et en surpoids est de réduire modestement leur consommation calorique quotidienne (de 500 à 1000 kcal), mais jamais plus et pratiquer régulièrement un exercice physique. Ils peuvent, en appliquant ces règles simples, s'attendre à une perte de poids (de 5 à 10% sur une période de 4 à 6 mois). Elles permettent de résoudre une grande partie des problèmes de santé liés au surpoids et à l'obésité.

AUCUN REGIME NE PERMET UNE PERTE DE POIDS DURABLE !!!

Lorsque des modifications du style de vie ne sont pas suffisantes, les thérapies médicamenteuses peuvent éventuellement être considérées (comme l'orlistat). Attention tout de même, car l'ajout de psyllium ou d'autres fibres peuvent faire décroître les effets de l'orlistat.

Le naturopathe a un rôle fondamental pour aider les patients à échapper aux arguments mensongers du marketing. Malgré le forcing commercial et les articles écrits par certains de nos confrères qu'il faut fuir à tout prix, les produits comme le chitosan, le gluconamam et les bloqueurs d'amidon n'ont pas de preuves cliniques suffisantes pour étayer leur efficacité, et ce qui est plus grave, de leur inocuité.

Attention aux produits qui contiennent des produits dont on sait qu'ils sont potentiellement dangereux comme l'orange amère ou le DMAA... ils fournissent tous des composants capables de tuer.

Et que dire des produits néphrotoxiques ou hépatotoxiques contenant de l'aristoloche ou de l'usnée ?

La meilleure façon de perdre du poids de manière durable et saine est de se faire accompagner dur la durée par un professionnel averti et commencer par appliquer des règles simples :

  • Se faire aider pour construire un réglage alimentaire adapté à ses propres besoins.

  • Bien mâcher les aliments.

  • Consommer des produits frais, d'origine biologique dans la mesure du possible et riches en fibres.

  • Bien s'hydrater.

  • Respirer et pratiquer une activité physique adaptée.

Ne pas oublier que perdre du poids c'est consommer un peu moins de calories que nous n'en dépensons, et ce, de manière quotidienne.


25 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout