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Gérer sa polyarthrite rhumatoïde


La polyarthrite rhumatoïde est une maladie auto-immune. Elle survient lorsque le système immunitaire, qui est normalement chargé de protéger l'organisme contre les agressions extérieures, s'attaque aux articulations. Contrairement à l'arthrose, qui ne touche que les os et le cartilage, la PR peut provoquer des œdèmes dans différentes parties du corps. Les femmes sont deux à trois fois plus susceptibles de développer la polyarthrite rhumatoïde que les hommes. Bien que la plupart des cas de la polyarthrite rhumatoïde se produisent dans la tranche d'âge 20-50 ans, les exceptions ne sont pas rares. Certains chercheurs pensent que ce processus auto-immun est déclenché par une infection bactérienne ou virale. La génétique pourrait également jouer un rôle dans le développement de la polyarthrite rhumatoïde. Certains pensent que perméabilité intestinale constitue un facteur majeur de cette maladie. En effet, de plus en plus d'étude montrent qu'une barrière intestinale en bon état conditionne la fonction immunitaire et le non passage de molécules susceptibles de provoquer sa réaction. Une fréquence réactionnelle trop forte augmente la probabilité de réagir à des molécules ressemblant à un élément du « soi », ce qui augmente, de fait, le risque de déclarer une maladie auto-immune.

Signes et symptômes

La polyarthrite rhumatoïde affecte souvent plusieurs articulations en même temps. Sa gravité varie selon les patients. Les signes, qui peuvent aller et venir, comprennent généralement douleur et œdème articulaires (en particulier dans les mains et les pieds). Ils s'accompagnent souvent de douleur généralisée ou d'une raideur des articulations et des muscles (surtout après des périodes de repos), une perte de mouvement des articulations touchées, une faiblesse des muscles qui jouxtent les articulations touchées, une faible fièvre et un sentiment de mal être général. D'une manière générale, l'hémi-corps droit et l'hémi-corps gauche sont affectés de manière égale. Par exemple, si l'arthrite se situe dans les mains, les deux mains seront également touchées. Au début de la maladie, les articulations des mains, des poignets, des pieds et des genoux sont les plus fréquemment atteintes. Au fil du temps, l'arthrite peut se développer dans les épaules, les coudes, la mâchoire, les hanches et le cou. Les articulations peuvent se déformer. De petits nodules rhumatoïdes peuvent se développer sous la peau au niveau des points de pression. Ces petits nodules peuvent être visibles près des coudes, des mains, des pieds, des tendons d'Achille, en arrière du cuir chevelu, des genoux, ou au niveau des poumons. Ces nodules ne sont pas douloureux. Cependant, les déformations osseuses tout comme la présence d’œdèmes réduisent la souplesse des articulations. En plus des articulations, d'autres parties du corps peuvent être affectées. La polyarthrite rhumatoïde peut provoquer une hypertrophie des canaux lacrymaux, des glandes salivaires, de la paroi interne du cœur, des poumons, et de temps en temps, les vaisseaux sanguins.

Diagnostic

Une prise de sang permet de déterminer la présence d'un anticorps nommé facteur rhumatoïde. La plupart des patients atteints de polyarthrite rhumatoïde présentent cette protéine anormale dans leur sang. Cependant, cette présence n'est pas une obligation, les symptômes peuvent apparaître en premier lieu. En cas de présence du facteur rhumatoïde, le diagnostic de PR est positif. Si les patients sont négatifs au test, mais si la polyarthrite rhumatoïde est suspectée, le médecin peut recommander un traitement pour réduire les symptômes. Un autre test peut être effectué plus tard pour confirmer le diagnostic.

Mesure de l'inflammation

Afin de prévenir les complications, les patients doivent régulièrement effectuer des tests de contrôle de l'inflammation. Les tests de Protéine C-réactive (CRP) et de vitesse de sédimentation (ESR) sont couramment utilisés pour contrôler l'inflammation associée aux maladies rhumatismales en général, à la PR en particulier.

La protéine C-réactive (CRP): ce test peut être utilisé pour contrôler l'inflammation associée aux maladies rhumatismales. Une augmentation de la CRP sanguine suggère une infection aiguë ou une inflammation. Chez une personne en bonne santé, la CRP est généralement inférieur à 10 milligrammes par litre de sang. La plupart des infections et des inflammations se traduisent par des taux de CRP supérieur à 100 milligrammes par litre de sang. Ce test n'est pas assez spécifique pour diagnostiquer une maladie particulière. Il peut toutefois évoquer une maladie auto-immune. Il est utilisé pour aider les médecins à surveiller l'inflammation et à déterminer l'efficacité des traitements.

Le taux de sédimentation (VS): Une mesure de la vitesse de sédimentation (VS) peut être effectuée pour mesurer l'inflammation associée aux maladies rhumatismales. Ce test sanguin mesure le temps nécessaire pour que les globules rouges se déposent dans le sang non coagulé. Lors d'une réponse inflammatoire, la forte proportion de fibrinogène dans le sang renforce la vitesse de dépôt des globules rouges. La valeur normale pour les hommes âgés de moins de 50 ans est de 15 millimètres par heure, et une valeur normale pour les hommes âgés de plus de 50 ans est de moins de 20 millimètres par heure. La valeur normale pour les femmes âgées de moins de 50 ans est inférieure à 20 millimètres par heure, et la valeur normale pour les femmes âgées de plus de 50 ans est de moins de 30 millimètres par heure. Tout comme le test de protéine C-réactive, la mesure de la VS n'est pas spécifique. Toutefois, il est utile dans la détection et la surveillance et les inflammations des maladies rhumatismales .

Signes qui accompagnent la maladie

Esthétique: l'arthrite peut causer de petites bosses, appelées nodules, qui se forment directement sur les os. Ces bosses peuvent survenir au niveau de n'importe quelle articulation, mais elles sont plus fréquentes sur les mains. Ces nodules peuvent être invalidants dans certains cas.

Dépression: Certains patients atteints de maladies rhumatismales souffrent de dépression. Cela survient lorsque l'arthrite interfère de manière significative avec le mode de vie du patient. Le patient peut éprouver un sentiment de tristesse, de faible estime de soi, de perte de plaisir, ou d'apathie.

Lésions articulaires: Dans certains cas, l'arthrite peut conduire à de graves lésions articulaires. La chirurgie, comme l'arthroplastie, peut être nécessaire. Réduction de la mobilité: Les patients souffrant de PR peuvent avoir une perte fonctionnelle de mobilité. Les articulations se figent de plus en plus au fur et à mesure que l'articulation se dégrade.

Douleur : La PR peut provoquer de graves douleurs. La gestion de la douleur est une composante vitale de la PR. Dans certains cas, il est nécessaire de changer la médication ou la posologie au fil du temps.

Tendinite: La tendinite désigne une inflammation ou l'irritation d'un tendon ou d'un ligament.Elle peut parfois être le résultat d'une complication de la polyarthrite rhumatoïde.

Traitements

La médecine conventionnelle n'offre pas de remède pour en finir définitivement avec la polyarthrite rhumatoïde. Si de nombreux traitements sont disponibles pour gérer les symptômes de la douleur et de l'inflammation, ils ne sont que des « béquilles ».

On trouve :

Les anti-inflammatoires non stéroïdiens(AINS): Ils sont utilisés pour soulager la douleur et l'inflammation causées par les maladies rhumatismales en général. Les plus fréquemment utilisés sont l'ibuprofène et le naproxène sodique. On trouve également le diclofénac, le nabumétone, et le kétoprofène. Les AINS peuvent être pris oralement, injectés en intra-veineuse, ou appliqués directement sur la peau. Ces médicaments sont généralement pris au long cours pour gérer les symptômes. La fréquence et la gravité des effets secondaires dépendent de l'AINS spécifique utilisé. Les effets indésirables les plus fréquents sont la nausée, les vomissements, la diarrhée, la constipation, la perte d'appétit, les éruptions cutanées, les vertiges, les maux de tête et la somnolence. Les effets indésirables les plus graves sont l'insuffisance rénale, l'insuffisance hépatique, les ulcères, les problèmes cardiaques, et les saignements prolongés après une blessure ou une chirurgie. Environ 15% des patients traités par AINS sur le long cours sont susceptibles de développer des ulcères de l'estomac ou du duodénum. Les excès de prises d'AINS ne sont pas sans conséquences. A ne prendre qu'en cas de nécessité absolue et ne jamais dépasser les doses prescrites, surtout en cas de foie fatigué...

Les inhibiteurs sélectifs de COX-2 : le célécoxib (Celebrex) est pris oralement pour réduire la douleur et l'inflammation causées par les maladies rhumatismales. Il est notamment utilisé en cas d'arthrose ou de polyarthrite rhumatoïde. Le célécoxib est actuellement le seul inhibiteur COX-2 approuvé par la FDA et l'agence européenne du médicament. Ces médicaments bloquent l'enzyme cyclo-oxygénase-2 (COX-2) chargée de déclencher le processus inflammatoire. Comme les AINS non sélectifs, les inhibiteurs COX-2 présentent un risque accru d'effets secondaires cardiaques graves, comme la crise cardiaque et l'AVC. Ils augmentent également le risque d'hémorragie de l'estomac, de rétention d'eau, de problèmes rénaux, et de lésions hépatiques irréversibles. Des effets secondaires moins importants incluent les maux de tête, l'indigestion, les infections des voies respiratoires supérieures, la diarrhée, une inflammation des sinus, des maux d'estomac et des nausées. Les inhibiteurs sélectifs de COX-2, bien qu'autorisés, sont au centre de la polémique. Suivant en cela les explications du Pr Even, je conseille d'éviter totalement d'en prendre.

Les analgésiques: certains analgésiques, comme le tramadol, sont utilisés pour réduire la douleur causée par l'arthrose ou la polyarthrite rhumatoïde. Bien que ce médicament, disponible sur ordonnance, ne soit d'aucun effet sur les œdèmes, il présente un intérêt pour réduire la douleur. Ses effets secondaires sont plus faibles que pour la plupart des AINS. Le Tramadol est un traitement à court terme destiné à réduire les symptômes des poussées inflammatoires. Certains analgésiques narcotiques, comme l'acétaminophène / codéine, l'hydrocodone / acétaminophène, ou l'oxycodone, peuvent être prescrits pour traiter les douleurs arthritiques graves. Ces médicaments agissent directement au niveau du cerveau et permettent aux patients de ne plus sentir la douleur. Malgré leur efficacité antalgique, ils sont totalement inopérants sur les œdèmes. les analgésiques narcotiques sont utilisés uniquement à court terme pour traiter les poussées. Les effets indésirables fréquents sont la constipation, la somnolence, la sécheresse de la bouche, et la difficulté à uriner. les analgésiques narcotiques doivent être utilisés avec prudence en raison du risque d'addiction.... A ne prendre qu'en cas de nécessité absolue ! Analgésiques topiques: les analgésiques topiques sont des crèmes, des pommades, des gels, des sprays et sont directement appliqués sur la peau. Ces médicaments sont absorbés par les téguments. De nombreux analgésiques vendus généralement hors ordonnance peuvent temporairement aider à réduire la douleur. Une crème contenant de la capsaïcine, réalisée à partir de graines de piments, peut réduire la douleur des articulations situées près de la surface de la peau, comme les doigts, les genoux et les coudes. Les produits contenant la capsaïcine, à l'instar de nombreux traitements naturels, peuvent agir au bout de plusieurs semaines... C'est pourquoi il faut faire preuve d'un peu de patience et leur donner leur chance...

Les corticostéroïdes: Les corticostéroïdes, comme la prednisone et la méthylprednisolone, sont utilisés pour réduire l'inflammation et la douleur causée par la polyarthrite rhumatoïde. Les corticostéroïdes réduisent la réponse immunitaire, ce qui soulage très vite les symptômes. Ces médicaments sont généralement très efficaces lorsqu'ils sont utilisés sur une période courte. Toutefois, si ils sont utilisés durant plusieurs mois ou plusieurs années, ils peuvent devenir moins opérants et provoquer des effets secondaires graves. Les effets secondaires comprennent les ecchymoses, l'ostéoporose, la cataracte, un gain de poids, un visage qui s'arrondit, et le diabète. Parfois, les corticostéroïdes sont injectés dans les articulations touchées pour réduire douleur et inflammation. Cela procure un soulagement rapide mais peu durable des symptômes. Les corticostéroïdes sont habituellement prescrits pendant un certain laps de temps et ne doivent JAMAIS être stoppés brutalement. Les doses doivent être réduites de manière régulière afin d'éviter les effets secondaires graves.

Les immunosuppresseurs: Les patients atteints de polyarthrite rhumatoïde sont souvent traités à l'aide d'immunosuppresseurs. Comme leur nom l'indique, ces médicaments affaiblissent le système immunitaire, ce qui réduit les lésions articulaires et tissulaires mais impacte également le défense de l'organisme... Les immunosuppresseurs couramment prescrits sont le léflunomide, l'azathioprine, la cyclosporine et la cyclophosphamide. Ces médicaments peuvent avoir des effets secondaires graves. Il peuvent augmenter le risque d'infections, de problèmes rénaux, ou d'hypertension artérielle, et peuvent faire chuter le taux de globules rouges. D'autres effets secondaires sont la croissance accrue des cheveux, la perte d'appétit, les vomissements et les maux d'estomac.

Les médicaments antirhumatismaux modificateurs de la maladie (ARMM): aux premiers stades de la polyarthrite rhumatoïde, les patients reçoivent généralement des médicaments antirhumatismaux modificateurs de la maladie (ARMM). Ce traitement a pour but de limiter les lésions articulaires irréversibles. Ils répondent au vocable de médicaments "modificateurs de la maladie", car ils ralentissent la progression de la polyarthrite rhumatoïde. Ces médicaments peuvent prendre des semaines ou des mois avant de commencer à faire effet. Par conséquent, ils sont souvent utilisés en association avec les AINS ou les corticostéroïdes. Les ARMM couramment prescrits sont l'auranofine composé de sels d'or, l'hydroxychloroquine (Plaquenil), la minocycline, la sulfasalazine, et le méthotrexate. C'est au moment de leur prescription que les modification du mode de vie sont les plus utiles.

L'abatacept: c'est un type de médicament appelé un modulateur de co-stimulation. L'Abatacept réduit l'inflammation et les lésions articulaires causées par l'arthrite rhumatoïde. Le médicament empêche les lymphocytes T d'attaquer les articulations. Les patients reçoivent une injection mensuelle de ce traitement. Les effets secondaires peuvent inclure les maux de tête, les nausées et les infections bénignes, telles que les infections des voies respiratoires supérieures.

Le Rituximab: Un médicament appelé rituximab est utilisé pour traiter les patients atteints de polyarthrite rhumatoïde. Ce médicament, injecté par intra-veineuse, réduit le nombre de lymphocytes B. Ce médicament aide à réduire l’œdème car les lymphocytes B sont impliqués dans leur survenue. Les effets secondaires peuvent inclure des symptômes pseudo-grippaux, tels que fièvre, des frissons et des nausées. Certaines personnes ont des réactions extrêmes, comme une insuffisance respiratoire aiguë et des problèmes cardiaques.

Les Antidépresseurs: Certains patients atteints de PR reçoivent souvent des antidépresseurs. Les antidépresseurs couramment prescrits sont l'amitriptyline, la nortriptyline, et la trazodone.

La chirurgie de remplacement articulaire: Dans certains cas, les patients souffrant de polyarthrite rhumatoïde souffrent de lésions articulaires permanentes. Dans de tels cas, la chirurgie de remplacement peut être nécessaire. Pendant la procédure, l'articulation endommagée est enlevée chirurgicalement puis remplacée par une prothèse. Les articulations les plus fréquemment remplacées sont la hanche et le genou, mais d'autres articulations, comme les coudes,les épaules, les doigts, ou les articulations de la cheville, peuvent également être remplacées. La chirurgie de remplacement est généralement plus efficace pour les grosses articulations, comme la hanche ou du genou. Les chercheurs estiment qu'une prothèse de la hanche ou du genou a une durée de vie de 20 ans chez 80% des patients. Après une chirurgie réussie et plusieurs mois de rééducation, les patients sont en mesure d'utiliser leur nouvelle articulation sans douleur. Comme pour toute chirurgie, il y a des risques associés aux remplacements articulaires. Les patients sont amenés à évoquer ces risques potentiels pour la santé et les avantages de la chirurgie avec leur médecin.

La compresse froide ou sac de glace: L'application d'une compresse froide ou d'un sac de glace sur l'articulation touchée au cours d'une poussée peuvent aider à réduire l’œdème et la douleur causée par la PR.

La chaleur: L'application d'une compresse chaude salée directement sur l'articulation touchée peut aider à réduire la douleur, détendre les muscles, et augmenter le flux sanguin en direction de l'articulation. Ce traitement peut également être efficace avant de pratiquer un exercice physique.

Mode de vie: Les changements de mode de vie sont indispensables pour toute personne touchée par la PR. Notons en particulier l'intérêt d'une alimentation saine, sans gluten, sans produits laitiers, la pratique régulière d'exercices physiques, la gestion du poids. Le naturopathe peut aider à construire un plan vital personnalisé qui s'adapte aux désirs et contraintes de chacun. Les personnes souffrant de polyarthrite rhumatoïde sont invitées à porter des chaussures confortables, qui répartissent correctement les charges. Cela est très intéressant pour réduire la pression exercée sur les articulations pendant la marche. C'est également la raison pour laquelle, il est conseillé de maintenir une posture correcte.

Approche naturopathique

L'approche naturopathique est essentielle en cas de PR. Elle agit en symbiose avec le traitement classique et les témoignages d'efficacité sont nombreux. Elle ne permet pas de guérir de la maladie, mais de mieux la vivre, et dans certains cas, de la rendre « muette ». Seul un peu de patience et beaucoup d'investissement sont nécessaires. Nous sommes tous acteurs de notre propre santé !

1. Améliorer la barrière intestinale

Un intestin en mauvaise santé n'est plus en mesure de trier le bon grain de l'ivraie. Il laisse pénétrer à l'intérieur de l'organisme de nombreux éléments néfastes qui sont susceptibles de provoquer la réaction du système immunitaire et déclencher l'inflammation.

Les aliments ne sont pas absorbés tels quels. Ils sont décomposés en éléments simples et suffisamment courts pour traverser la barrière intestinale : c'est le processus enzymatique intestinal. Lorsque ces enzymes ne sont plus en mesure d'effectuer correctement ce travail, certaines grosses molécules contenues dans les aliments, comme le gluten ou les protéines des produits laitiers, se retrouvent devant l'intestin, sans avoir subi la moindre transformation. Pour peu que l'intestin soit poreux, que la flore vivant en symbiose avec lui soit déséquilibrée, et ces grosses molécules se retrouvent dans notre milieu intérieur. Le système immunitaire, conçu pour repérer toute molécule de grande taille susceptible de mettre en danger la vie, prend alors en chasse cet intrus. Les « complexes immuns » ainsi formés se logent dans certains tissus, comme les articulations, où ils entretiennent une réaction inflammatoire sans fin.

Notre action va donc se dérouler en deux temps :

  • Améliorer le processus de dégradation des aliments ;

  • Améliorer la barrière intestinale tout en nourrissant la flore intestinale.

Le réglage alimentaire est donc d'une importance considérable. Il consiste en premier lieu à éviter tout aliment contenant des molécules trop grandes, trop complexes, comme le gluten ou les protéines contenues dans les produits laitiers. Il s'accompagne de conseils généraux concernant la mastication ou la durée des repas, sans oublier le remplacement de produits acidifiants, pauvres en minéraux, vitamines par des aliments vivants, basifiants, riches en micro-nutriment et riches en fibres.

A cela quelques compléments peuvent s'ajouter :

La bromélaïne, contenue dans la partie centrale de l'ananas permet d'aider le processus de dégradation enzymatique intestinal. L'activité digestive de la bromélaïne est basée sur sa capacité à hydrolyser les protéines, les oligopeptides et les acides aminés. Les enzymes protéolytiques de bromélaïne sont des protéases cystéine.

En outre, la bromélaïne réduit l'inflammation. Elle a montré son intérêt dans de nombreuses affections du système ostéo-articulaire.

Prébiotique : c'est un aliment qui n'est pas dégradé par le processus enzymatique, mais nourrit directement la flore intestinale. Il est indispensable de consommer des aliments riches en prébiotiques pour rester en bonne santé. En effet, nous vivons en symbiose avec notre flore intestinale, et elle nous apporte beaucoup : des composés que nous ne sommes pas en mesure de fabriquer nous mêmes comme les vitamines, des acides gras à chaînes courtes qui nourrissent notre côlon... Elle aide notre système immunitaire à mieux fonctionner et aide même notre cerveau... Parfois, dans les cas où cette flore est très dégradée, une cure de prébiotiques est indispensable. Elle est de longue durée (6 mois à 1 an, voir plus...) et renouvelable régulièrement.

Probiotique : c'est un composant de la flore intestinale. Il s'agit généralement de bactéries. Certaines de ces bactéries ont montré qu'elles agissaient positivement sur notre santé, mais aucune n'a encore démontré un quelconque intérêt direct sur la PR.

La L-glutamine : l'intestin grêle se caractérise par la présence de villosités et de micro-villosités, dont l'intégrité garantit à la fois la dégradation enzymatique et l'absorption correcte des aliments. Les cellules de l'intestin grêle sont reliées entre elles par des jonctions serrées, ceci pour assurer une étanchéité « parfaite »,... ou du moins « optimale ». En outre, les cellules intestinales ont une durée de vie très courte : environ 7 jours. Leur bon fonctionnement est conditionné principalement par deux facteurs : l'intégrité de la flore intestinale : qui dit « bonne flore » dit « bon intestin » ; et la présence de l'acide aminé L-glutamine dans l'alimentation. L-glutamine et produits de dégradation de la flore intestinale constituent le carburant des cellules de l'intestin grêle.

2. Maîtriser l'inflammation

De nombreux médicaments utilisés pour traiter la PR agissent directement sur le processus inflammatoire, comme nous l'avons vu plus haut. Or, les plantes et extraits naturels offrent depuis toujours une richesse inégalée dans ce domaine. Pour peu que l'on sache s'investir un peu, elle offre une approche unique, adaptée à chacun. La stratégie naturelle pour lutter contre l'inflammation s'articule sur deux axes:

  • Ré-équilibrer l'apport entre acides gras oméga 3 et oméga 6.

  • Limiter l'inflammation par les plantes

Ré-équilibrer l'apport entre acides gras oméga 3 et oméga 6

Bourrache : Il existe certaines preuves que la prise d'huile de graines de bourrache en combinaison avec des analgésiques classiques ou des agents anti-inflammatoires peut réduire le symptômes de la PR après 6 semaines de traitement . L'amélioration semble se maintenir pendant 24 semaines. l'huile de graines de bourrache peut diminuer le nombre d'articulations douloureuses de 36% , le score d'articulations douloureuses de 45% , le nombre d'articulations gonflées de 28% , et le score d'articulations gonflées de 41%.

Diverses études ont été menées pour élucider l'effet de l'huile de bourrache ou de son constituant principal, l'acide gamma-linolénique (GLA), sur la PR. Selon des études chez l'homme, l'ingestion de GLA augmente le taux de son métabolite, l'acide dihomo-gamma-linolénique (DGLA) . L'augmentation du DGLA à son tour augmente le niveau de son métabolite, l'acide 15-hydroxyeicosatrienoique tout comme celui d'autres composés, qui présentent des propriétés anti-inflammatoires et antiprolifératives. C'est pourquoi, la consommation de produits riches en GLA présente un intérêt anti-inflammatoire général.

Huile de Krill ou l'huile de poisson : La prise d’huile de krill ou de poisson par voie orale, seule ou en association avec le naproxène (Naprosyn – médicament) améliore les symptômes de la PR. Les personnes qui prennent de l’huile de krill peuvent réduire l'utilisation de médicaments contre la douleur.

L'huile de colza et l'huile de noix : ces deux huiles sont riches en acides gras oméga 3. Elles présentent un intérêt dans la PR et ont montré qu'elles étaient capables de réduire les inflammations articulaires.

Limiter l'inflammation par les plantes

Les bourgeons – gemmothérapie : certains bourgeons ou jeunes pousses de plantes offrent des solutions très intéressantes pour réduire la réponse inflammatoire. Bien que les mécanismes sous-jacents ne soient pas totalement élucidés, ils sont utilisés pour ces problématiques depuis très longtemps.

  • Le bougeon de cassis (ribes nigrum) est très intéressant pour toute problématique inflammatoire liée à un problème articulaire. Il présente également l'intérêt de potentialiser l'action des autres bourgeons ;

  • Le bourgeon de pin (pinus montana) intervient dans toutes les problématiques articulaires avec œdèmes ;

  • Le bourgeon de bouleau verruqueux permet de moduler la réponse immunitaire en général ;

Le bourgeon de vigne apaise les articulations douloureuses.

Curcuma : certaines études cliniques préliminaires suggèrent que la curcumine, un constituant du curcuma, pourrait réduire certains symptômes de la polyarthrite rhumatoïde, comme les raideurs matinales, les douleurs à la marche, et les œdèmes articulaires. D'autres études montrent que la prise d'une formulation spécifique de curcumine réduit les symptômes de la PR deux fois plus que le diclofénac après 8 semaines de traitement.

Griffe du chat : Un extrait de griffe du chat ( Uncaria tomentosa ) par voie orale, améliore les symptômes de la polyarthrite rhumatoïde. Pris par voie orale en association avec la sulfasalazine ou hydroxychloroquine pendant 24 semaines, la griffe de chat réduit le nombre d'articulations douloureuses et enflées.

Hydrothérapie : Certaines recherches cliniques suggèrent que faire 30 minutes d'exercices aquatiques une fois par semaine pendant 6 semaines améliore l'état des patients atteints de polyarthrite rhumatoïde. Les études cliniques préliminaires suggèrent que faire 30 minutes d'exercice acquatiques deux fois par semaine pendant 4 semaines améliore la sensibilité des articulations et l'amplitude des mouvements des patientes (cette étude concerne unique les femmes atteintes de polyarthrite rhumatoïde.

Vitamine D : la recherche montre que les femmes d'âge mûr qui ont un apport plus élevé de vitamine D à partir d'aliments ou de suppléments ont tendance à avoir un risque plus faible de développer une PR

L'augmentation de l'apport en vitamine D a été associée à une diminution du risque de diverses maladies auto-immunes. Selon une étude, le récepteur de la vitamine D a été associée à des effets immunomodulateurs dans lesquels, les lymphocytes sont impliqués. Selon une étude, la vitamine D peut inhiber la présentation antigénique par les cellules du système immunitaire inné, et empêcher la libération de cytokines et la prolifération cellulaire Th1. Les auteurs suggèrent que l'absence de ces effets en cas de carence en vitamine D pourrait jouer un rôle dans la formation de granulomes liés à une défaillance du système immunitaire inné. Selon une étude , la vitamine D joue un rôle dans la régulation de différentes cellules du système immunitaire, notamment les lymphocytes T, les lymphocytes B, les macrophages, les cellules dendritiques et les kératinocytes.

Vitamine E : La vitamine E prise par voie orale en association avec un traitement standard est supérieur à la thérapie standard seule pour réduire la douleur. Elle ne saurait d'aucune utilité pour réduire l'inflammation chez les patients atteints de PR.

Si l'intérêt de la vitamine E en complément n'est pas démontré, il est intéressant de consommer des aliments riches en vitamine E. On la retrouve notamment dans certaines huiles, ce qui renforce encore une fois, l'intérêt de consommer des huiles de première pression à froid.


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