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Terrain et naturopathie


En se promenant dans la nature, on ne peut qu'être frappé par la diversité des terrains qui se trouvent autour de nous. Noirs, rouges, rocailleux, riches, herbeux, désertiques... autant de qualificatifs, qui, nous venant à l'esprit, reflètent la diversité des sols de Gaïa, notre Terre.

Chez l'humain, une telle variété existe également. Certains sont secs, d'autres sont forts, d'autres encore sont fragiles,... Chaque personne dispose d'un « terrain » qui lui est propre. Plus complexe encore, cette diversité varie en fonction de nos organes. Notre foie peut être chaud et humide alors que notre estomac peut être froid et sec. Depuis des millénaires, les humains ont observé que ces combinaisons nous rendaient plus ou moins sensibles à tel ou tel type de maladie. Des médecines, comme l'Ayurveda ou la Médecine Traditionnelle Chinoise, sont nées de ces observations empiriques.

Née il y a très longtemps, c'est dans de la Grèce Antique, au temps d'Hippocrate, que la notion de terrain s'est véritablement imposée comme une dimension fondamentale de la santé. Au fil des âges, des découvertes scientifiques et des réflexions philosophiques, ces définitions ont évolué.

Depuis Claude Bernard et son fameux « milieu intérieur », nous pouvons définir le terrain comme la mer dans laquelle baignent nos cellules. Cette sorte d'océan reflète l'identité de l'individu à un instant « t » de sa vie et conditionne son état de santé du moment.

Rétablir l'équilibre : objet de la maladie

Pasteur et Claude Bernard se sont tous les deux "battus", avec le plus grand respect au demeurant, pour défendre une idée différente de la maladie. Cette différence a surtout été popularisée par la fameuse phrase attribuée à Claude Bernard : « le microbe n'est rien, le terrain est tout ».

La capacité de résistance d'un individu par rapport à la maladie est conditionnée par la capacité de résistance de son terrain par rapport à une « agression » extérieure. Le parallèle est évident avec la notion d'équilibre en physique. Si une bactérie s'attaque à un organisme donné, elle cherche à s'installer au sein du terrain de l'individu. Si elle y parvient et qu'elle trouve les conditions favorables pour y prospérer, le terrain s'en trouvera modifié et la maladie se déclenchera. La maladie n'est donc qu'une tentative de l'organisme pour rétablir l'équilibre perturbé (par l'intervention du micro-organisme dans ce cas précis).

Dans certains cas, cette stratégie est fructueuse et permet d'éliminer les intrus. Dans d'autres cas, elle est insuffisante et la bactérie gagne la partie. Dans d'autres cas encore, une alternance entre périodes de trêve et périodes de combat s'instaure, se matérialisant par exemple par des maladies inflammatoires. C'est la « guerre de tranchée », avec ses millions de mort, l'épuisement des ressources et finalement la défaite de tous les belligérants...

Si, au contraire, le terrain de l'individu est en mesure de faire face aux tentatives des bactéries, la maladie n'a aucune raison de se déclarer, car aucun déséquilibre n'a eu lieu. Cela explique que certaines personnes soient sensibles à la présence d'agents pathogènes alors que d'autres y soient plus ou moins insensibles.

Cela explique pourquoi certaines personnes mettent une semaine à se remettre d'un rhume, alors que d'autres ont besoin de plus d'un mois.

Cela explique également pourquoi certaines personnes souffrent de douleurs articulaires continuelles, ou que d'autres encore souffrent de problèmes vasculaires, etc. Le terrain articulaire des premières est perturbé de telle façon que leur corps tente désespérément de rétablir l'équilibre perdu. La réaction inflammatoire n'est rien d'autre qu'une stratégie adoptée pour résoudre le problème.

Terrain et cancer

L'avènement de l'épigénétique a remis en cause l'omnipotence du gène, une « obsession » qui monopolise encore trop fortement la recherche médicale. Le « tout génétique » nous a conduit à une impasse...

Certains chercheurs contestent, et c'est heureux, cette vision purement génétique du cancer. Ils lui opposent une approche où la notion de terrain se trouve au centre : les cellules se cancériseraient en réponse à la modification du terrain de l'individu. Ce serait pour elles une sorte de stratégie nouvelle destinée à s'adapter à une situation où leur survie serait menacée.

Les modifications génétiques et épigénétiques induites ne seraient plus l'origine de la maladie, mais une conséquence de la modification de terrain, comme une tentative de s'adapter et obéissant aux lois de l'évolution.

Bien entendu, il n'est pas question de nier la sensibilité de chaque individu face au cancer. Les femmes porteuses des gènes BRCA1 et BRCA2 présentent un risque plus fort que les autres de déclarer un cancer du sein et/ou de l'endomètre : c'est statistique... C'est un peu comme si les cellules portant ces gènes actionnaient leur « interrupteur » de stratégie adaptative plus tôt que les autres.

Notons en passant que toutes les femmes porteuses de ces gènes ne croiseront pas systématiquement la maladie durant leur vie. Il est vraisemblable de penser que celles qui ont su « cultiver » leur terrain ont su y puiser la force nécessaire pour pouvoir l'éviter.

Bien qu'elle ne soit encore qu'une hypothèse, cette théorie se rapprochant des travaux oubliés du prix Nobel allemand Otto Warburg intéresse de plus en plus les chercheurs.

Pour le naturopathe, elle constitue tout simplement le reflet du bon sens. En effet, pourquoi un fumeur est-il plus exposé qu'un autre au cancer du poumon ? Tout simplement parce-que son terrain pulmonaire, en emmagasinant les toxiques de la cigarette influe directement sur les cellules bronchiques, et les pousse à se cancériser pour s'adapter. Imaginer qu'elles utilisent une stratégie d'évolution adaptative pour s'adapter au mieux à cette situation nouvelle ne semble pas un raisonnement totalement absurde.

Le problème est qu'une telle hypothèse, si elle est vraie, sonne le glas des nouvelles thérapies « ciblées ». En effet, cibler les cellules tumorales n'est efficace que si on les détruit toutes. Dans le cas contraire, gageons que la stratégie d'évolution adaptative permettra à la tumeur de rebondir avec une vigueur décuplée : c'est une des lois de l'évolution. Il y a fort à parier que ces thérapies ne feront que retarder l'issue de la maladie, tout en rendant les tumeurs encore plus agressives.

La pertinence de cette hypothèse peut rendre caduque les années d'efforts pour identifier les cartes d'identité génétiques des tumeurs et mettre à mal une recherche « en panne » face à une maladie qui s’avère d'une coriacité à toute épreuve.

La connaissance de l'impact d'une modification du terrain sur l'évolution de maladie est un élément très important. Un terrain « sain » a-t-il le pouvoir de rendre le cancer réversible ? Comment se définit la notion de « terrain sain » ? Autant de questions fondamentales auxquelles la naturopathie tente de répondre en s'appuyant sur l'expérience et les retours d'expérience de milliers d'années de médecines traditionnelles et par l'observation attentive de la nature.

Les faits montrent en tous cas que, pour un type de cancer donné, les personnes qui prennent réellement leur terrain en main ont un taux de survie bien supérieur à celles qui ne font rien.

Cette hypothèse souligne tout l'intérêt d'une approche naturopathique préventive tout comme celui d'une démarche accompagnatrice du cancer par un professionnel averti. Les témoignages regorgent de nombreuses personnes qui s'en sortent ou ont évité la maladie grâce à un mode de vie sain qui a modifié et préservé « leur terrain ».

Ce qui est valable pour le cancer l'est sans doute également pour de nombreuses maladies classées comme « auto-immunes» : la polyarthrite rhumatoïde, la sclérose en plaques, la fibromyalgie... A partir du moment où les lésions provoquées ne sont pas trop « irréversibles », l'approche naturopathique de terrain présente un grand intérêt, notamment pour réduire les poussées inflammatoires.

Terrain et pollutions

L'avènement de la société moderne a vu l'apparition d'un environnement auquel les milliers d'années d'évolution ne nous avait pas préparé. Que dire de la pollution par les pesticides, par les plastiques et par toutes sortes de substances chimiques ? Que dire de la pollution de l'air ? Que dire de la pollution de l'eau ? Ces substances perturbent nos systèmes vitaux, voir, comme les perturbateurs endocriniens, transforment irréversiblement l'espèce humaine. A un point tel que certains scientifiques tirent le signal d'alarme: à-t'on ouvert la boîte de pandore? Il n'est pas complètement absurde de le penser...

Ces éléments nouveaux, construits ex nihilo n'ont rien de vivant, impactent directement notre terrain, et nous intoxiquent.

Comment s'en prémunir ? Impossible ! La pollution est partout...

Il est cependant possible de limiter notre exposition tout en aidant notre organisme à nous débarrasser, c'est à dire à se détoxifier. Manger bio dans la mesure du possible, cultiver notre jardin ou un jardin partagé sans pesticides, vivre au contact de la nature, faire attention aux vêtements venus d'ailleurs, aérer nos habitations, fabriquer nos cosmétiques, modérer notre consommation de médicaments et autres types de drogues... sont autant d'actions qui modifient notre terrain.

Cela passe également par un travail sur les organes chargés d'éliminer les toxines, qu'elles soient endogènes ou exogènes.

En naturopathie, nous nommons ces organes les émonctoires. Nous en comptons 5 principaux : le foie, l'intestin, le rein, la peau, les poumons. Ces organes doivent bien fonctionner si nous voulons éliminer les toxiques avec efficacité. C'est l'un des rôles du naturopathe de s'en assurer et de conseiller des actions spécifiques pour les relancer en cas de soucis.

Terrain et naturopathie

La naturopathie considère que toute maladie est facilitée par un déséquilibre de terrain. L'expression même de la maladie est une modification du terrain pour faire face à une agression fictive ou réelle.

Renforcer ses défenses pour faire face à la maladie est donc l'essence même de la naturopathie. C'est pourquoi elle accorde donc une très grande importance à déceler les points forts et les points à améliorer du terrain. Ces déséquilibres constituent autant de signes favorisant certains types de maladie.

Pour permettre une approche plus rationnelle, certains courants naturopathiques ont même tenté de catégoriser les terrains. Nous retrouverons donc, par exemple : le terrain nerveux, le terrain acide, le terrain enflammé, le terrain hypoglycémique, le terrain basocolitique, le terrain intoxiqué, le terrain carencé en acides gras poly-insaturés, le terrain oxydé, etc.

Chacun de ces terrains se caractérise à la fois par des signes physiologiques, et par des sensibilités particulières à certains types de maladies. L'apparition de signes pathologiques laisse penser que les lésions provoquées sont irréversibles. Néanmoins, la correction du terrain s'avère bénéfique dans tous les cas, car elle limite la propagation de la maladie.

En réalité, cette approche est simplificatrice car nous avons tous notre propre terrain, unique, comme notre ADN ou nos empreintes digitales.

Contrairement à ces derniers toutefois, les terrains peuvent être modifiés en agissant sur nos habitudes de vie : alimentation, exercice physique, sommeil, respiration, stress, etc.

Les recherches en épigénétique ont même montré que la modification du terrain impactait directement la façon dont notre génome pouvait s'exprimer. Certains gènes ne peuvent pas se transformer en protéines, et donc restent silencieux, alors que d'autres accomplissent leur œuvre, bienfaitrice ou délétère, selon le cas.

Le travail du naturopathe est de vous aider à identifier ces déséquilibres en décelant les signes grâce à ses approches spécifiques.

Le naturopathe vous conseille pour modifier votre style de vie afin de rééquilibrer votre terrain, pour le rendre plus apte à résister aux perturbations.

Ce travail s'effectue en phases clés :

  • Identifier les caractéristiques de votre terrain . Pour ma part j'utilise le questionnement, le toucher des zones réflexes, l'examen des pouls et de la langue. Le terrain émotionnel est également d'un grand intérêt, car, comme nous le savons, corps et esprit sont indissociables.

  • Construire un programme vital adapté et personnalisé, passant par le réglage alimentaire, des conseils dans le mode de vie, l'exercice physique,... mais également le fait de se concentrer sur l'essentiel. Nos vies sont remplies de choses, de tâches, d'objectifs, de désirs non assouvis,...qui ne servent à rien, sinon à nous faire du mal. Ce sont en quelque sorte des « pollutions » qui rejoignent le pool des substances « polluantes » que nous croisons tous les jours. Enlever ces pollutions est donc une étape indispensable.

  • Appliquer le programme vital et mesurer les changements vécus et effectuer les aménagements nécessaires.

Ce travail, est, à l'image de toute démarche de progrès, « Kaizen » comme diraient les japonais, une marche sans fin. Une marche vers une vie meilleure, en harmonie avec la nature et ceux que l'on aime. La marche de notre vie de ce l'on veut vraiment « être ».


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